Frise chronologique
vers 1050
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
vers 1050 (≈ 1050)
Début des travaux sur un ancien site païen.
1223
Transfert du marché à Bagnols
Transfert du marché à Bagnols
1223 (≈ 1223)
Déclin de la chapelle après ordre de Louis VIII.
23 octobre 1980
Classement monument historique
Classement monument historique
23 octobre 1980 (≈ 1980)
Protection officielle des ruines par l’État.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Saint-Martin (ruines) (cad. AC 1) : classement par arrêté du 23 octobre 1980
Personnages clés
| Louis VIII - Roi de France |
Ordonna le transfert du marché en 1223. |
| Comtes de Sabran - Seigneurs locaux |
Leur château fut détruit en 1223. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Martin, située à Saint-Victor-la-Coste dans le Gard (Occitanie), est un vestige roman des XIe et XIIe siècles. Elle occupe probablement l’emplacement d’un ancien temple païen, comme en témoigne une stèle funéraire romaine réemployée dans son soubassement. Le site, traversé par une voie reliant Nîmes-Alba à la vallée du Rhône, abritait aussi une nécropole médiévale, révélée par des sondages archéologiques. La chapelle fut construite vers 1050 près d’un marché régional, mais son déclin débuta en 1223 quand le roi Louis VIII transféra ce marché à Bagnols et ordonna la destruction du château voisin des comtes de Sabran.
Le prieuré, mentionné sous divers noms (Ad Sanctum Victorem en 1220, Sanctus-Victor de Costa en 1384), dépendait de la viguerie de Bagnols et du diocèse d’Uzès. Il était uni au chapitre cathédral d’Uzès, dont le prévôt en était le collateur. Délaissée par les pèlerins après le transfert du marché, la chapelle tomba en ruines, ne conservant aujourd’hui que son chevet semi-circulaire et un clocher à trois niveaux, caractéristique de l’architecture romane. Chaque étage du clocher, en retrait et percé de baies en plein cintre, illustre le savoir-faire médiéval, tandis que l’abside intérieure, divisée en trois absidioles voûtées en cul-de-four, révèle des chapiteaux inspirés des ordres corinthien et ionique.
Classée monument historique en 1980, la chapelle appartient désormais à la commune. Son chevet, privé de toiture, conserve une fenêtre axiale et des traces de trous de boulin, tandis que l’intérieur, en ruines, laisse deviner les vestiges de l’arc triomphal et des colonnettes engagées. L’édifice symbolise ainsi la transition entre paganisme et christianisme, ainsi que l’importance des voies romaines dans l’implantation des lieux de culte médiévaux. Les fouilles ont confirmé l’existence d’une agglomération autour de la chapelle aux XIe et XIIe siècles, liée à son rôle commercial et religieux.