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Ruines de la tour de Teyssieu dans le Lot

Patrimoine classé Patrimoine défensif Tour

Ruines de la tour de Teyssieu

    Pech de Tourau
    46190 Teyssieu
Propriété de la commune
Ruines de la tour de Teyssieu
Ruines de la tour de Teyssieu
Ruines de la tour de Teyssieu
Ruines de la tour de Teyssieu
Ruines de la tour de Teyssieu

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1232
Construction de la tour
1371
Occupation anglaise
XVIe siècle
Changement de seigneurie
1876
Transformation en école
8 juillet 1925
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Tour (ruines) : classement par arrêté du 8 juillet 1925

Personnages clés

Hugues et Bertrand Bonafos - Chevaliers et premiers seigneurs Commanditaires de la tour en 1232.
Jeanne de Gontaut - Héritière et gouvernante royale Dernière descendante avant passage aux Noailles.
Vicomte de Turenne - Seigneur suzerain Donateur de la seigneurie en 1232.
Diane Henry-Lormelle - Archéologue Étude des peintures murales (2013).

Origine et histoire

La tour de Teyssieu est un donjon carré édifié au XIIIe siècle à la demande du vicomte de Turenne. En 1232, celui-ci concède la seigneurie de Teyssieu à deux de ses chevaliers, Hugues et Bertrand Bonafos, à condition qu’ils y construisent une tour fortifiée. L’édifice, d’une hauteur de 30 mètres, se distingue par son appareil composite en granit, suggérant plusieurs campagnes de construction étalées sur une longue période. Un logis médiéval, aujourd’hui disparu, était adossé à la tour, formant un ensemble défensif complété par une enceinte et des tours rondes.

Pendant la guerre de Cent Ans, Teyssieu est occupé par des troupes anglaises en 1371. La seigneurie reste aux mains de la famille Bonafos jusqu’au XVIe siècle, avant de passer par alliance aux Gontaut-Cabrerets, puis aux Noailles. Jeanne de Gontaut, héritière du fief et gouvernante des filles de Catherine de Médicis, marque l’histoire du lieu avant que le château ne soit vendu en 1649 à la famille de Bonnafous. En 1749, le domaine est acquis par Jean-Baptiste Molin, fermier-général de la vicomté de Turenne.

Classée monument historique en 1925, la tour présente des caractéristiques architecturales remarquables : une porte d’entrée surélevée à 4,85 mètres du sol, des escaliers en vis et à échelles, ainsi que des peintures murales médiévales aux deuxième et troisième niveaux, représentant des joutes de chevaliers et des motifs animaliers. La base de la tour, voûtée en berceau, servait de magasin, tandis que les étages supérieurs, dotés de latrines et de fenêtres à coussièges, abritaient probablement la garnison. Les mâchicoulis et corbeaux en partie haute témoignent de remaniements tardifs, datant possible du XIVe siècle.

En 1876, la commune achète le château pour y installer une école, modifiant partiellement la structure médiévale. Aujourd’hui, seuls subsistent les vestiges de la tour, de l’enceinte et du perron d’accès. Les fouilles et études archéologiques, comme celles de Diane Henry-Lormelle (2013), ont permis de préciser son évolution architecturale et son rôle dans le système défensif local.

La tour de Teyssieu s’inscrit dans le réseau des fortifications du Quercy, lié à l’influence des vicomtes de Turenne. Son histoire reflète les enjeux politiques et militaires de la région, depuis sa construction au XIIIe siècle jusqu’à sa transformation en bâtiment communal au XIXe siècle. Les sources, dont les travaux de Gilles Séraphin et Ferdinand Pressouyre, soulignent son importance comme exemple d’architecture castrale médiévale adaptée aux besoins défensifs et seigneuriaux.

Liens externes