Origine et histoire du Château de Branzac
Le château de Branzac, construit au milieu du XVe siècle à Pleaux (ancienne commune de Loupiac avant sa fusion en 1972), surplombe la vallée de la Maronne sur sa rive droite. Ce manoir fortifié, remanié à la Renaissance, se compose de deux tours rondes, d’un corps de logis rectangulaire aux fenêtres à meneaux, et d’une tourelle d’escalier polygonale. Une enceinte flanquée de tours protège l’ensemble côté plateau, tandis que les pentes abruptes de la Maronne assurent une défense naturelle. À l’origine voué à la disparition, le site a été partiellement sauvé par des travaux de dégagement et de consolidation menés par un acquéreur récent.
À l’intérieur, le château abritait des fresques et devises humanistes exceptionnelles, commandées au XVIe siècle par Camille Caracciolo, fille d’honneur de Catherine de Médicis et épouse de Claude de Pestels, seigneur de Branzac. Parmi ces œuvres, on comptait des représentations allégoriques (comme une Diane chasseuse ou un astrologue tenant un bouclier avec l’inscription « Ne te fie »), des scènes moralisatrices (un Suisse gardant une porte avec la devise « Qui rit la mort, qui mesdite et rapporte, n’entre point »), et des portraits comme celui d’une dame se mirant face à une tête de mort. Ces fresques, partiellement recouvertes en 1610 par des scènes plus légères, ont été en partie démontées au XIXe siècle pour orner d’autres châteaux, comme Pesteils et Conros.
Avant 1789, Branzac était le siège d’une viguerie (justice seigneuriale) relevant de la sénéchaussée d’Auvergne, avec ressort au bailliage de Salers. Le château changea plusieurs fois de mains parmi les familles nobles locales : les Pestels (dès 1324), les Tubières de Grimoard de Caylus (XVIIe siècle), puis les Robert de Lignerac et les d’Anglars de Bassignac. En 1833, il fut vendu à Jean Servet, marquant la fin de son usage seigneurial. Aujourd’hui en ruines, il est classé monument historique depuis 1921, mais reste inaccessible au public en raison des risques d’éboulements.
L’édifice doit aussi sa dégradation à des démolitions par dynamite au XIXe siècle, lorsque ses matériaux furent réutilisés pour construire le viaduc ferroviaire voisin. Malgré cela, ses vestiges et les archives des fresques (conservées par les archives départementales du Cantal) témoignent de son importance artistique et historique. Les devises peintes, mêlant réflexions morales, humour et allégories, reflètent l’influence de l’humanisme italien sur l’aristocratie auvergnate de la Renaissance.
Les formes anciennes de son nom — Varanzac (1150), Vranzac (1580), ou Brensac (1690) — illustrent son évolution linguistique et administrative. Le site, bien que fermé à la visite, reste un symbole du patrimoine médiéval et renaissant du Cantal, lié à des familles puissantes comme les Bourbon-Malause ou les Fabert par des alliances matrimoniales.