Crédit photo : Jochen Jahnke sur Wikipédia allemand - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
Fin du Ier siècle av. J.-C.
Première occupation du site
Première occupation du site
Fin du Ier siècle av. J.-C. (≈ 5 av. J.-C.)
Monnaies attestant une présence précoce.
Milieu du Ier siècle apr. J.-C.
Construction du temple octogonal
Construction du temple octogonal
Milieu du Ier siècle apr. J.-C. (≈ 150)
Première phase des bâtiments en dur.
IIe siècle
Apogée du sanctuaire
Apogée du sanctuaire
IIe siècle (≈ 250)
Agrandissements thermaux et temple double *cella*.
1881–1883
Fouilles de Camille de La Croix
Fouilles de Camille de La Croix
1881–1883 (≈ 1882)
Déblaiement systématique et remblaiement post-fouilles.
1882
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1882 (≈ 1882)
Protection des vestiges visibles (temple, théâtre, sanctuaire).
1985–1994
Reprise des fouilles modernes
Reprise des fouilles modernes
1985–1994 (≈ 1990)
Études dirigées par Pierre Aupert.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ruines gallo-romaines comprenant thermes, théâtre, enceinte et portique : classement par arrêté du 27 novembre 1882
Personnages clés
| Camille de La Croix - Archéologue jésuite |
Dirigea les fouilles de 1881–1883. |
| Pierre Aupert - Archéologue moderne |
Responsable des fouilles 1985–1994. |
| Jean Camille Formigé - Architecte et archéologue |
Relevés post-fouilles (début XXe siècle). |
| Jules Formigé - Architecte, fils de Jean Camille |
Poursuivit les études du site. |
Origine et histoire
Le site antique de Sanxay, daté des Ier et IIe siècles, est un sanctuaire rural gallo-romain lié au culte des eaux guérisseuses. Il s’articule autour d’un temple octogonal rare, d’un amphithéâtre de 6 600 places, et de thermes associés à des bâtiments pour curistes. Fouillé entre 1881 et 1883 par le père Camille de La Croix, le site fut remblayé après les fouilles, ne laissant visibles que le temple, l’amphithéâtre et le sanctuaire des eaux, classés monuments historiques dès 1882. Les vestiges s’étendent sur 20 hectares, traversés par la rivière Vonne, avec des aménagements majoritairement situés sur sa rive gauche.
Le temple octogonal, d’une conception unique en Gaule, présente une cella de 13 m de diamètre, entourée d’un portique en croix grecque et d’un péribole carré de 4 000 m2. Une source jaillit sous ses fondations, et un souterrain relie l’édifice à un bassin extérieur, suggérant un système de drainage sacré. Le théâtre, adossé à la pente abrupte de la rive droite, combine les caractéristiques des théâtres et amphithéâtres ruraux, avec une cavea semi-circulaire pour 6 600 spectateurs et une scène surplombant une orchestra de 20 m de diamètre.
Le sanctuaire des eaux, remanié à huit reprises, évolue d’un temple à double cella (IIe siècle) vers un complexe thermal atypique, avec des bassins chauds et des salles dédiées aux curistes. Les fouilles du XIXe siècle ont révélé des habitations, des hôtelleries pour pèlerins, et des objets (monnaies, statues de Mercure et Vénus) aujourd’hui conservés au Musée Sainte-Croix de Poitiers. Occupé dès le Ier siècle av. J.-C., le site décline après le IIe siècle, peut-être en raison de la crise du IIIe siècle ou de la christianisation. Les vestiges visibles, gérés par le Centre des monuments nationaux, restent ouverts au public.
Les fouilles, initiées en 1865 et systématisées par Camille de La Croix (1881–1883), ont souffert de méthodes archaïques et d’un remblaiement post-fouilles, entraînant la perte d’informations stratigraphiques. Des campagnes ultérieures (1938–1940, 1975–1976, 1985–1994) ont affiné la compréhension du site, révélant son rôle de lieu de pèlerinage thermal et religieux. Les relevés modernes (depuis 1998) ont permis une meilleure conservation des trois ensembles majeurs : temple, théâtre et sanctuaire.
Le site illustre l’architecture gallo-romaine provinciale, mêlant innovations locales (plan octogonal, thermes adaptés) et influences romaines (théâtre, fanum). Son alignement est-ouest entre le temple octogonal, une tholos funéraire et un fanum suggère une planification symbolique. Les objets découverts (bijoux, poteries, monnaies des Ier–IIIe siècles) témoignent d’une fréquentation soutenue avant son abandon progressif, lié à des changements religieux et politiques.
Aujourd’hui, les ruines classées en 1882 offrent un témoignage exceptionnel des pratiques cultuelles et thermales en Gaule romaine. Leur gestion par le Centre des monuments nationaux permet une valorisation touristique et scientifique, tandis que les collections du Musée Sainte-Croix complètent la compréhension de ce site majeur de la Vienne antique.