Frise chronologique
270-300
Destruction partielle
Destruction partielle
270-300 (≈ 285)
Incursions barbares en Gaule, selon Formigé.
1827
Découverte fortuite
Découverte fortuite
1827 (≈ 1827)
Mosaïque exhumée lors du creusement d’un lavoir.
1921-1939
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1921-1939 (≈ 1930)
Campagnes dirigées par Formigé et Tauziac.
1926 et 1935
Classement monument historique
Classement monument historique
1926 et 1935 (≈ 1935)
Protection des ruines et du cimetière médiéval.
1947 et 1951
Sondages complémentaires
Sondages complémentaires
1947 et 1951 (≈ 1951)
Précision de la chronologie par Pierre Grimal.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ruines gallo-romaines et les objets mobiliers découverts dans le sol de la place de l'Eglise : classement par arrêté du 5 mars 1926 - L'ancien cimetière : classement par arrêté du 2 juillet 1935
Personnages clés
| Pierre Tauziac - Archéologue amateur et collectionneur |
Initiateur des fouilles, donateur de la collection. |
| Jules Formigé - Architecte en chef des Beaux-Arts |
Dirigea les fouilles de 1921 à 1939. |
| Abbé Delpeyrat - Curé de Montcaret |
Découvrit une tombe antique en 1873. |
| Auguste Conil - Directeur de la société archéologique de Bordeaux |
Collabora aux fouilles jusqu’en 1942. |
| Catherine Balmelle - Archéologue spécialiste |
Rattache la villa aux demeures aristocratiques d’Aquitaine. |
| Jacques Coupry - Archéologue |
Identifia les cuves comme installations viticoles (1957). |
Origine et histoire
Les ruines gallo-romaines de Montcaret correspondent aux vestiges d’une villa aristocratique fouillée entre 1921 et 1939. Classée monument historique en 1926 et 1935, cette villa des IVe et Ve siècles se distingue par ses mosaïques figuratives, ses thermes privés et une cour centrale entourée de galeries. Les fouilles, dirigées par Jules Formigé et Pierre Tauziac, ont révélé trois phases de construction, dont une première occupation dès le Ier siècle, suivie d’une reconstruction au IVe siècle après des destructions attribuées aux incursions barbares. Les mosaïques, partiellement restaurées, décorent des salles de réception et une piscine ornée de motifs marins (poissons, coquillages), rares dans le Sud-Ouest gaulois.
Le site, implanté sur une butte à 30 mètres d’altitude près de la Dordogne, bénéficiait d’une position stratégique : à l’abri des inondations, proche de sources résurgentes et d’une voie antique reliant Burdigala (Bordeaux) à Vesunna (Périgueux). Les découvertes fortuites du XIXe siècle, comme des mosaïques réutilisées dans un lavoir ou des tombes antiques exhumées par l’abbé Delpeyrat, ont alerté les archéologues. Les fouilles systématiques ont aussi mis au jour des cuves viticoles du Ve ou VIe siècle, attestant d’une occupation tardive et de liens commerciaux avec l’Orient (amphores de Gaza).
L’interprétation du site a évolué : initialement considéré comme un complexe thermal public par Formigé, il est aujourd’hui identifié comme une villa privée, avec des espaces résidentiels, des thermes, et des dépendances agricoles. Les salles à abside et la salle cruciforme, dotées d’hypocaustes, illustrent le luxe des demeures aquitaines de l’Antiquité tardive. Des tombes mérovingiennes et médiévales, creusées dans les vestiges, suggèrent une réutilisation du site comme lieu de culte chrétien. La collection Tauziac, donnée à l’État, rassemble des objets découverts avant et pendant les fouilles, bien que leur provenance exacte reste parfois incertaine.
Les vestiges visibles s’organisent autour d’une cour-jardin centrale, bordée de galeries à colonnades. À l’ouest, les salles de réception (350 m2) et la salle cruciforme, aux mosaïques géométriques, contrastent avec l’aile est dédiée aux thermes. La piscine, ornée de seize panneaux mosaïqués représentant des animaux marins, et une baignoire en marbre blanc, témoignent du raffinement des bains privés. Des problèmes d’assainissement, révélés par des caniveaux obstruant les hypocaustes, ont marqué la fin de l’occupation du site.
Les fouilles complémentaires (1947-1966) ont précisé la chronologie : trois états de construction ont été identifiés, avec des remaniements majeurs au IVe siècle. Les mosaïques, restaurées dans les années 1950, sont aujourd’hui protégées par des abris. Le musée adjacent expose des objets issus des fouilles, dont des céramiques sigillées estampillées Eppiae (Ier-IIe siècles) et des monnaies des Antonins aux Constantiniens. Le site, ouvert à la visite, offre un aperçu exceptionnel de l’architecture domestique et des modes de vie de l’élite gallo-romaine en Aquitaine.