Origine et histoire du site archéologique majeur
Le site archéologique des Fontaines Salées, à cheval sur Foissy-lès-Vézelay et Saint-Père dans l’Yonne, est un lieu d’émergence de sources salées exploitées depuis le Néolithique jusqu’au Moyen Âge. Classé monument historique en 1936 et 1942, il doit sa découverte en 1933 à l’extraction de sable, révélant des puits néolithiques et des vestiges gallo-romains. Les fouilles, menées notamment par René Louis, Robert Dauvergne et Bernard Lacroix à partir de 1934, ont mis au jour des thermes, des sépultures, et des objets datant du Ier millénaire av. J.-C., confirmant une occupation humaine ininterrompue.
La géologie du site, marquée par le croisement de deux failles majeures (celle du Morvan et des Fontaines Salées), permet la remontée d’eaux minéralisées riches en chlorure de sodium. Ces eaux, à 15,2 °C et légèrement radioactives, étaient captées via des puits en bois datés de l’Âge du fer (vers 900 av. J.-C.), puis exploitées pour la production de sel et des usages thérapeutiques. Les Celtes y établirent un sanctuaire circulaire, avant que les Romains n’y construisent au Ier siècle des thermes mixtes, agrandis aux IIe et IIIe siècles avec des installations sportives comme une palestre.
Au IIIe siècle, les invasions alamans détruisirent partiellement le site, réduisant son usage à une exploitation artisanale du sel jusqu’au Ve siècle. Les fouilles ont révélé des pièces de monnaie des empereurs Constance II et Dèce (IVe siècle), ainsi qu’une villa rurale nommée Vercellacus, transmise comme domaine carolingien. L’imposition de la gabelle au XIIIe siècle mit fin à l’extraction locale du sel, enfouissant le site sous des remblais jusqu’à sa redécouverte au XXe siècle. Aujourd’hui, un centre d’accueil (ouvert en 2017) permet d’explorer ces vestiges uniques en Bourgogne-Franche-Comté.
Les thermes gallo-romains des Fontaines Salées illustrent une adaptation progressive des techniques romaines, avec un système de chauffage et des espaces dédiés aux bains chauds et froids. Le site, situé sur une voie antique reliant Autun à Auxerre, attirait une clientèle régionale pour ses vertus curatives. Les vestiges incluent aussi des cuvelages en chêne de l’Âge du fer, exceptionnellement conservés, témoignant d’une maîtrise hydraulique précoce. La dimension sacrée des sources, perpétuée jusqu’au Moyen Âge, transparaît dans des aménagements symboliques comme un puits entouré de galets.
Les fouilles archéologiques ont également exhumé un « champ d’urnes » celte (900 av. J.-C.), des défenses de mammouth, et des outils néolithiques, révélant une stratification culturelle rare. Le site, propriété communale depuis 2008, est un exemple emblématique de la transition entre les pratiques celtes et romaines, marqué par la coexistence de sanctuaires, d’activités sidérurgiques voisines, et d’un commerce du sel florissant. Son abandon progressif reflète les bouleversements économiques et politiques de la Gaule tardive.