Frise chronologique
Fin du IVe siècle
Reconstruction des thermes
Reconstruction des thermes
Fin du IVe siècle (≈ 495)
Bâtiment thermal reconstruit près de la Baïse.
Ier–VIe siècles
Occupation du site
Occupation du site
Ier–VIe siècles (≈ 650)
Période d'occupation continue attestée.
1832–1833
Fouilles initiales et scandale
Fouilles initiales et scandale
1832–1833 (≈ 1833)
Découverte et polémique des faux archéologiques.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Protection officielle des ruines et mosaïques.
1966–1970
Nouveaux dégagements de mosaïques
Nouveaux dégagements de mosaïques
1966–1970 (≈ 1968)
Fouilles révélant 45 mètres de fragments.
1986–1988
Transfert des mosaïques
Transfert des mosaïques
1986–1988 (≈ 1987)
Dépôt à la mairie de Nérac.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Mosaïques et ruines romaines : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Maximilien Théodore Chrétin - Archéologue et faussaire |
Responsable des fouilles de 1833, condamné. |
| Alexandre Du Mège - Archéologue et expert |
A validé initialement les faux de Chrétin. |
| Prosper Mérimée - Inspecteur des Monuments historiques |
Impliqué dans l'évaluation des découvertes. |
| Georges-Eugène Haussmann - Préfet de Lot-et-Garonne (1832–1840) |
Demanda la reprise des fouilles après le procès. |
Origine et histoire
Les ruines romaines de Nérac correspondent aux restes d’une villa gallo-romaine découverte dans le parc de la Garenne, à proximité du château de la ville. Ce site archéologique, fouillé dès 1832, révèle des vestiges datant principalement des IVe et Ve siècles, incluant des mosaïques et un bâtiment thermal reconstruit à la fin du IVe siècle. Les fouilles initiales, dirigées par Maximilien Théodore Chrétin, furent marquées par une polémique : ce dernier fut accusé en 1833 d’avoir fabriqué des faux, notamment des bas-reliefs et inscriptions vendus à la Société archéologique de Toulouse. Après un procès en 1835, les fouilles furent abandonnées et les vestiges recouverts, mettant fin à cette première campagne.
Les recherches reprirent au XXe siècle, notamment en 1966 et 1970, lors de travaux sur la route de Nazareth. Ces nouvelles fouilles permirent de dégager des fragments de mosaïques sur 45 mètres de longueur, confirmant une occupation du site du Ier au VIe siècle. Les mosaïques, déposées à la mairie de Nérac entre 1986 et 1988, attestent de l’importance de cette villa, peut-être liée à un haut dignitaire ou un aristocrate. Le site fut classé monument historique dès 1840, reconnaissant sa valeur patrimoniale malgré les controverses passées.
L’histoire des ruines de Nérac illustre les défis de l’archéologie naissante au XIXe siècle, entre découvertes authentiques et falsifications. Les mosaïques et thermes, éléments centraux du site, reflètent le luxe des villas romaines tardives en Aquitaine. Leur étude permet de mieux comprendre l’évolution des élites locales entre l’Antiquité tardive et le début du Moyen Âge, dans une région marquée par la romanisation puis les transformations politiques des Ve et VIe siècles.