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Ruines de la ville d'Orgueil à Mauroux dans le Lot

Lot

Ruines de la ville d'Orgueil

    Lenclio
    46700 Mauroux

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1900
2000
1114
Première mention des seigneurs d’Orgueil
1238-1246
Conflits de suzeraineté
1270-1271
Charte des coutumes
1292
Installation d’un bayle royal
1389
Rachat par le comte d’Armagnac
1395
Abandon définitif du site
1993
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ensemble des parcelles contenant les ruines (cad. A 71, 72, 78, 80, 750 à 752, 808, 809, 814, 815, 855) : inscription par arrêté du 3 août 1993

Personnages clés

Gausbert-Borrelh d’Orgueil - Seigneur et donateur Premier seigneur connu (donation à Moissac en 1114).
Guillaume de Albaro - Co-seigneur et chevalier Fils de Guiraud de Gourdon, cité en 1249.
Philippe IV le Bel - Roi de France Établit un bayle royal en 1292 pour contrôler Orgueil.
Jean d’Armagnac - Comte d’Armagnac Rachète le castrum en 1389 pour 11 000 francs.
Gaillard de Durfort-Duras - Chef de garnison Dernier occupant « anglais » en 1389.
Marie Hélène Pottier-Briand - Archéologue Dirige les fouilles de sauvetage (1982-1984).

Origine et histoire

Le castrum d'Orgueil, situé à Mauroux dans le Lot (Occitanie), est un ensemble fortifié médiéval mentionné dès 1114 lors d’une donation à l’abbaye de Moissac par Gausbert-Borrelh d’Orgueil. La famille d’Orgueil, probablement issue des seigneurs de Luzech, partageait la suzeraineté avec cinq autres lignages (Bar, Montfavès, del Bosc, Lézergues) sous l’autorité du comte de Toulouse. En 1246, l’évêque de Cahors tenta d’y imposer ses droits, mais fut débouté. Le site, associé à un port fluvial sur le Lot et un barrage (le Fossat), fut un enjeu stratégique pendant la guerre de Cent Ans, occupé par des compagnies « anglaises » jusqu’à son rachat en 1389 par le comte d’Armagnac pour 11 000 francs.

Le castrum, abandonné vers 1390, présente des vestiges archéologiques majeurs : une motte supposée de 45 m de diamètre, une tour-maîtresse aux angles arrondis (XIIIe siècle), des murs à contreforts, et des traces d’un village médiéval en terrasses. Les fouilles (1982-1984) ont révélé des maisons, une forge, et des aménagements portuaires (payssière, appontements). Classé monument historique en 1993, le site illustre l’organisation féodale quercynoise, les conflits de suzeraineté, et l’impact de la guerre de Cent Ans sur les fortifications locales.

L’histoire d’Orgueil est marquée par des charte de coutumes (1270-1271) accordées aux habitants, et par la présence d’un bayle royal installé en 1292 par Philippe IV le Bel pour limiter le pouvoir des co-seigneurs. Les familles nobles locales, comme les Albaro (apparentés aux Gourdon) ou les Montfavès, jouèrent un rôle clé dans les alliances politiques, notamment avec le parti anglais. L’abandon définitif du site, mentionné comme deserta destructura en 1395, coïncide avec la ruine économique du Quercy après les compagnies de routiers.

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