Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Eglise paroissiale Sainte-Anne, presbytère de la cité Solvay et les aménagements paysagers à Tavaux dans le Jura

Jura

Eglise paroissiale Sainte-Anne, presbytère de la cité Solvay et les aménagements paysagers

    1 Avenue Alfred Solvay
    39500 Tavaux

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
20 mai 1938
Pose de la première pierre
17 octobre - 5 décembre 1938
Réalisation de la fresque
3 septembre 1939
Inauguration de l'église
2004
Label Patrimoine du XXe siècle
2012
Installation de l'orgue
27 juillet 2023
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'église paroissiale Sainte-Anne, son presbytère, y compris la galerie qui les relie, et ses aménagements paysagers, en totalité, situés avenue Ernest-Solvay et avenue Alfred-Solvay, Cité Solvay, sur les parcelles n° 43, 44, 549, 550 et 551, figurant au cadastre de la commune section AH, tels que délimités en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 27 juillet 2023

Personnages clés

Henri Vidal - Architecte Concepteur de l'église et de la cité.
Rudolf Gowenius - Peintre Auteur de la fresque du chœur.
Georges Saupique - Sculpteur Christ en croix de la façade.
Georges Rouault - Peintre (projet avorté) Pressenti pour un vitrail en 1937.
Labouret - Maître-verrier Créateur des vitraux en dalle.
Poillerat - Ferronnier Réalisateur des ferronneries intérieures.

Origine et histoire

L'église Sainte-Anne de Tavaux, édifiée à la fin des années 1930 par l'architecte Henri Vidal, s'inscrit dans le projet de cité ouvrière Solvay, initialement conçu sans lieu de culte. Sa première pierre fut posée le 20 mai 1938, comme en témoigne une inscription gravée, et son inauguration eut lieu le 3 septembre 1939, jour même de la déclaration de guerre contre l'Allemagne. Ce contexte historique marque son entrée dans le XXe siècle, entre modernité industrielle et traditions religieuses.

L'édifice adopte un plan basilical, avec une façade ornée de symboles bibliques et un clocher carré indépendant. Sa construction utilise des pierres calcaires locales, identiques à celles des maisons ouvrières voisines, tandis que sa charpente apparente en sapin forme des arcs brisés. La fresque du chœur, représentant l'Assomption de Marie, fut réalisée en 1938 par le peintre suédois Rudolf Gowenius. Le sculpteur Georges Saupique contribua avec un Christ en croix sur le pignon, et le maître-verrier Labouret conçut les vitraux en dalle de verre.

À l'origine, un orgue était prévu, mais le projet fut abandonné en raison de la Seconde Guerre mondiale. En 2012, un orgue restauré, acquis symboliquement pour un euro, fut installé grâce à une association locale, les Amis de l'orgue de Sainte-Anne. Ce projet fut récompensé en 2011 par le prix Un patrimoine pour demain. L'église, classée monument historique en 2023, incarne l'alliance entre patrimoine industriel, innovations architecturales des années 1930 et art sacré.

Le presbytère, relié à l'église par une galerie, et les aménagements paysagers complètent cet ensemble labellisé Patrimoine du XXe siècle en 2004. La cité Solvay, conçue pour les ouvriers de l'usine chimique voisine, reflète une volonté d'harmonie architecturale, comme en témoigne la salle paroissiale ajoutée en 1961 avec le soutien financier de l'entreprise. Les décors intérieurs, bien que modestes, illustrent les réformes liturgiques précurseurs du concile Vatican II.

L'église Sainte-Anne se distingue par son intégration dans un projet social global, où l'architecture religieuse dialogue avec l'urbanisme industriel. Son histoire, marquée par des collaborations artistiques (Gowenius, Saupique, Poillerat) et des adaptations aux besoins communautaires, en fait un témoin majeur du patrimoine francomtois du XXe siècle, entre mémoire ouvrière et héritage artistique.

Liens externes