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Église Saint-Georges de Fumay dans les Ardennes

Ardennes

Église Saint-Georges de Fumay

    10B Rue Martin Coupaye
    08170 Fumay
Vincent Anciaux

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1439
Fondation initiale
1683
Agrandissement médiéval
1705
Modification du portail
1780-1782
Installation de l'orgue
1842
Mention littéraire
1872-1876
Reconstruction néo-gothique
1923-1925
Restauration post-guerre
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Auguste Reimbeau - Architecte Dirigea la reconstruction de 1872
Jean-Baptiste Couty - Architecte élève Collabora à la reconstruction
Monsieur Davreux - Mécène local Finança partiellement les travaux
Kerst - Facteur d'orgues Installa les jeux en 1782
Pol Renault - Facteur d'orgues Reconstruisit l'orgue en 1923
Jacques Bartels - Premier organiste Titulaire de 1782 à 1793
Victor Hugo - Écrivain Évoqua le carillon dans *Le Rhin*

Origine et histoire

L'église Saint-Georges de Fumay, située dans les Ardennes, trouve ses origines en 1439 sous le patronage de saint Georges de Lydda. Initialement modifiée en 1683 avec l'ajout d'une tour-clocher, puis d'un portail en 1705, elle appartenait successivement aux diocèses de Liège, Metz, puis Reims à partir de 1823. La croissance démographique au XIXe siècle poussa à son agrandissement, transformé en une reconstruction totale entre 1872 et 1876.

La reconstruction fut confiée à l'architecte Auguste Reimbeau et son élève Jean-Baptiste Couty, avec le soutien financier du mécène local Davreux, propriétaire d'une ardoisière. L'édifice adopta un style néo-gothique imposant (76 m de haut), utilisant la pierre jaune de Dom-le-Mesnil. Son intérieur conserve des éléments anciens, comme un confessionnal du XVe siècle, tandis que ses vitraux furent offerts par des confréries locales et des sociétés ardoisières.

L'église abrite un orgue remarquable, construit en 1780 par Kerst et installé dans un buffet Louis XV en chêne sombre. Son histoire mouvementée inclut des réparations en 1855, un démontage en 1872, et une reconstruction partielle en 1923 par Pol Renault après la réquisition des tuyaux en étain pendant la Première Guerre mondiale. Malgré des projets de restauration avortés en 1999, l'instrument reste un témoignage unique de facture d'orgues ardennaise.

Le carillon de neuf cloches, aux mélodies variées selon les fêtes religieuses ou les événements (mariages, baptêmes), est célèbre pour sa finesse. Victor Hugo le mentionne dans Le Rhin (1842), soulignant son caractère « cristallin, fantastique, aérien ». Les airs joués, comme Adeste Fidelis ou Ave Maria, rythment la vie liturgique et communautaire depuis le XIXe siècle.

L'église symbolise aussi l'histoire industrielle locale, liée à l'ardoise : le mécénat de Davreux, les dons des sociétés ardoisières pour les vitraux, et l'utilisation de matériaux régionaux (pierre de Dom-le-Mesnil) illustrent ce lien. Son clocher et son carillon, audibles dans toute la vallée de la Meuse, en font un repère culturel et spirituel majeur des Ardennes.

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