Origine et histoire du village
Saint-Lizier, situé dans le nord-ouest du département de l'Ariège en région Occitanie, est un village marqué par une histoire bimillénaire. Fondé à l’époque gallo-romaine sous le nom de Lugdunum Consoranorum, il fut la capitale religieuse du Couserans et le siège d’un évêché dès le Ve siècle. La cité conserve des murailles gallo-romaines classées depuis 1912, ainsi qu’une inscription lapidaire dédiée à la déesse Belisama, révélant son importance dans l’Antiquité.
Au Moyen Âge, Saint-Lizier connut un essor majeur avec la construction de deux cathédrales romanes : la cathédrale Notre-Dame-de-la-Sède, intégrée au palais des Évêques, et la cathédrale Saint-Lizier, accompagnée de son cloître remarquable. Ces édifices, classés ou inscrits aux monuments historiques, abritent des fresques du XIIe siècle et un trésor incluant la crosse de saint Lizier. Le village devint un lieu de pèlerinage, notamment grâce à la chapelle Notre-Dame du Marsan, toujours fréquentée chaque lundi de Pentecôte.
À l’époque moderne, le buste reliquaire de saint Lizier, réalisé en 1531 par l’orfèvre toulousain Antoine Favier, renforça son rayonnement spirituel. Le palais des Évêques, initié au XVIIe siècle, illustre le pouvoir ecclésiastique local. Au XIXe et XXe siècles, Saint-Lizier s’industrialisa avec des papeteries et une filature, tout en préservant son patrimoine architectural. Aujourd’hui, le village allie tourisme, avec son classement parmi les Plus Beaux Villages de France (1992-2012), et mémoire historique, grâce à ses 10 monuments protégés et son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO via les chemins de Compostelle.
Le patrimoine naturel de Saint-Lizier est tout aussi remarquable, avec son inclusion dans le parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises et des sites Natura 2000. Traversé par le Salat et le Baup, le village offre un cadre paysager préservé, entre collines et vallées. Son climat océanique altéré et sa biodiversité en font un lieu prisé pour les activités naturalistes, complétant son attractivité culturelle.
Sur le plan contemporain, Saint-Lizier a su concilier modernité et tradition. La rénovation du palais des Évêques par Jean-Michel Wilmotte, l’ouverture d’un restaurant gastronomique (Le Carré de l’Ange), et la valorisation de son héritage industriel (comme la papeterie de Prat du Ritou) témoignent de cette dynamique. Malgré son retrait de l’association des Plus Beaux Villages de France en 2012 pour des raisons pratiques, le village reste un haut lieu du tourisme ariégeois, classé parmi les Grands Sites Occitanie.