Frise chronologique
1505
Construction de la Sainte-Chapelle
Construction de la Sainte-Chapelle
1505 (≈ 1505)
Commande par Jean Stuart et Anne de la Tour.
1528-1529
Réalisation des apôtres en terre cuite
Réalisation des apôtres en terre cuite
1528-1529 (≈ 1529)
Attribués à Giovanni Francesco Rustici.
1840
Agrandissement et classement
Agrandissement et classement
1840 (≈ 1840)
Ajout nef/collatéraux par Mallay ; classé MH.
2006
Inscription complète
Inscription complète
2006 (≈ 2006)
Protection étendue à toute l’église.
2012
Acquisition par le Louvre
Acquisition par le Louvre
2012 (≈ 2012)
Tableau original de Jean Malouel vendu.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancienne chapelle, actuellement choeur de l'église moderne : classement par liste de 1840 - L'église en totalité (cad. AK 654) : inscription par arrêté du 20 mars 2006
Personnages clés
| Jean Stuart - Duc d'Albany et comte d'Auvergne |
Commanditaire de la chapelle en 1505. |
| Anne de la Tour - Comtesse d'Auvergne et de Boulogne |
Co-commanditaire avec Jean Stuart. |
| Giovanni Francesco Rustici - Sculpteur florentin |
Auteur présumé des apôtres (1528-1529). |
| Aymon Gilbert Mallay - Architecte diocésain |
Auteur de l’agrandissement (1840). |
| Jean de Chartres - Sculpteur (attribution incertaine) |
Auteur possible du retable Renaissance. |
| Jean Malouel - Peintre |
Auteur du tableau reproduit in situ. |
Origine et histoire
La Sainte-Chapelle de Vic-le-Comte, initialement chapelle castrale des comtes d'Auvergne, fut édifiée en 1505 par Jean Stuart, duc d'Albany, et son épouse Anne de la Tour, comtesse d'Auvergne, sur le modèle de la Sainte-Chapelle de Paris. Elle remplaça une ancienne chapelle romane dédiée au lignage comtal. Vic-le-Comte, alors capitale des comtes d'Auvergne depuis le XIIIe siècle, devint ainsi le siège d’un édifice emblématique mêlant influences gothiques et Renaissance, avec une galerie sculptée et des statues d’apôtres en terre cuite attribuées au Florentin Giovanni Francesco Rustici (1528-1529).
Après la Révolution, la chapelle fut convertie en église paroissiale. En 1840, l’architecte diocésain Aymon Gilbert Mallay l’agrandit en ajoutant une nef de cinq travées et deux collatéraux, dans un style gothique tardif harmonisé avec la structure initiale. Les vitraux du XVIe siècle, œuvres de maîtres verriers anonymes, ainsi qu’un retable Renaissance en pierre blanche (peut-être de Jean de Chartres) illustrant les vertus cardinales, témoignent de son riche patrimoine artistique. La chapelle abrite aussi une reproduction d’un tableau de Jean Malouel, dont l’original fut acquis par le Louvre en 2012.
Classée Monument Historique dès 1840 pour son ancienne chapelle (devenue chœur), l’église fut entièrement inscrite en 2006. Ses éléments intérieurs remarquables incluent une tribune ornée des armes des Stuart et des La Tour d’Auvergne, ainsi que des boiseries du XVIIIe siècle réemployées dans les collatéraux. La chapelle du Sacré-Cœur et les vitraux clermontois du XIXe siècle complètent cet ensemble, reflétant son évolution architecturale et liturgique.
Le monument illustre les liens entre pouvoir comtal et religion au XVIe siècle, ainsi que les transformations post-révolutionnaires des édifices cultuels. Son histoire croisée avec celle des Stuart et des La Tour d’Auvergne en fait un témoin privilégié de l’art et de la politique en Auvergne à la Renaissance, tandis que ses agrandissements du XIXe siècle révèlent les adaptations aux besoins paroissiaux modernes.