Frise chronologique
1812
Ouverture du Bal Dourlans
Ouverture du Bal Dourlans
1812 (≈ 1812)
Création de la guinguette par un vétéran napoléonien.
1865
Reconstruction par Fleuret
Reconstruction par Fleuret
1865 (≈ 1865)
Salle actuelle avec lustres et plafond classé.
1900
Congrès socialiste
Congrès socialiste
1900 (≈ 1900)
Affrontement Jaurès-Guesde sur la participation ministérielle.
1945-1968
Âge d'or du jazz
Âge d'or du jazz
1945-1968 (≈ 1957)
Concerts de Bechet, Armstrong, Ellington.
1981
Classement du plafond
Classement du plafond
1981 (≈ 1981)
Inscription à l’inventaire des monuments historiques.
2005
Explosion du théâtre de l'Empire
Explosion du théâtre de l'Empire
2005 (≈ 2005)
Reconstruction modifiant l’accès à la salle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Salle Wagram avec son décor (cad. 17 : 01 AK 131) : inscription par arrêté du 2 mars 1981
Personnages clés
| Dourlans - Fondateur et vétéran napoléonien |
Créa le Bal Dourlans en 1812. |
| Adrien Fleuret - Architecte |
Reconstruit la salle en 1865. |
| Comtesse de Wagram - Mécène aristocratique |
Organisait des bals d’apparat annuels. |
| Marius Combes - Propriétaire et mécène |
Commanda meubles style troubadour dans les années 1920. |
| Marcel Cerdan - Boxeur légendaire |
Premier combat en France en 1937. |
| Maria Callas - Cantatrice |
Y enregistra *Carmen* en 1964. |
Origine et histoire
La salle Wagram est une salle de spectacle emblématique de Paris, située entre l’avenue de Wagram et la rue de Montenotte, dans le 17e arrondissement. Ouverte en 1812 sous le nom de Bal Dourlans, elle était à l’origine une guinguette créée par un vétéran de la Garde impériale, profitant de sa position hors de l’enceinte des Fermiers généraux pour échapper à l’octroi sur les vins. Ce lieu bucolique, avec ses tonnelles et son jardin, devint rapidement un haut lieu de la vie parisienne, attirant une clientèle avide de danses comme la valse ou le quadrille sous la Restauration.
En 1865, l’architecte Adrien Fleuret, déjà auteur du théâtre Marigny, reconstruit la salle dans un style fastueux, avec une voûte ornée de lustres de Bohême et un plafond peint inscrit aux monuments historiques en 1981. Le site se compose de deux espaces superposés : la salle Wagram (800 m2) et la salle Montenotte (600 m2), accessibles par un long couloir ou un escalier monumental après 2005. Sous le Second Empire, le lieu incarne l’insouciance aristocratique, avec ses bosquets d’amour et ses bals somptueux, avant de devenir un lieu polyvalent accueillant concerts, congrès politiques et expositions.
Au XXe siècle, la salle Wagram s’impose comme un temple de la modernité culturelle et sportive. Elle accueille le premier Salon du Cycle en 1894, des combats de boxe légendaires (Marcel Cerdan, Georges Carpentier), et des enregistrements musicaux prestigieux, comme ceux de Maria Callas ou Herbert von Karajan. Le lieu est aussi marqué par des événements politiques, comme le congrès socialiste de 1900 opposant Jaurès et Guesde, ou des soirées jazz mythiques avec Sidney Bechet et Duke Ellington dans les années 1940-1950.
Classée monument historique pour son décor, la salle Wagram traverse les époques en mêlant patrimoine et innovation. Après l’explosion du théâtre de l’Empire en 2005, sa restauration modernise son accès tout en préservant son cachet historique. Aujourd’hui, elle reste un symbole des nuits parisiennes, des bals étudiants des 4’Z’Arts aux tournages cinématographiques, en passant par les défilés de mode et les concerts rock.
Son histoire reflète les mutations de Paris, d’un lieu de guinguette périurbaine à un espace culturel incontournable, associé à des figures comme la comtesse de Wagram, Marius Combes (mécène des années 1920), ou des artistes comme Serge Gainsbourg et Claude François. La salle incarne ainsi la diversité des loisirs parisiens, du XIXe siècle à nos jours.