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Sanctuaire de Trémonteix à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme

Sanctuaire de Trémonteix

  • 42 Rue Victor Charreton
  • 63100 Clermont-Ferrand
Sanctuaire de Trémonteix
Sanctuaire de Trémonteix
Sanctuaire de Trémonteix
Sanctuaire de Trémonteix
Sanctuaire de Trémonteix
Sanctuaire de Trémonteix
Sanctuaire de Trémonteix
Crédit photo : Maxime Calbris - Sous licence Creative Commons
Propriété d'un établissement public
4 Rue Victor Charreton 63100 Clermont-Ferrand

Frise chronologique

Époque contemporaine
2000
2009
Découverte archéologique
2010–2011
Fouilles préventives
6 novembre 2012
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le sanctuaire (cad. KS 704, 706, 708 ; KV 847) : inscription par arrêté du 6 novembre 2012

Personnages clés

Kristell Chuniaud - Archéologue, responsable de fouille Dirige les fouilles Inrap (2010–2011).
Julien Boislève - Spécialiste des peintures murales Étudie les décors peints du sanctuaire.
Aelianus (hypothèse) - Propriétaire potentiel (non confirmé) Nom partiel gravé (*AENIV[.]*).

Origine et histoire

Le sanctuaire de Trémonteix, découvert en 2009 lors d’un diagnostic archéologique préventif par l’Inrap, est un site gallo-romain implanté à 2,5 km du centre antique d’Augustonemetum (Clermont-Ferrand). Fouillé entre 2010 et 2011, il révèle un double fanum (temples à cella unique) associé à une villa rurale, partiellement détruit par des aménagements ultérieurs. Seul le sanctuaire, inscrit aux monuments historiques en 2012, a été préservé dans une zone verte. Son état de conservation exceptionnel, dû à des éboulements sédimentaires, a permis de conserver des élévations maçonnées jusqu’à 2,35 m de hauteur, ainsi que des peintures murales et des structures hydrauliques (fontaine, nymphée, bassin).

Le site, occupé dès le Haut-Empire (fin Ier–début IIe siècle), connaît une reconstruction majeure au IIIe siècle, avec l’ajout d’un sanctuaire à deux temples accolés, séparés par un mur de clôture et un porche monumental. Le temple nord (13 m de côté) et le temple sud (9,35 m, doté d’un bassin alimenté par une source) suggèrent un culte lié aux eaux, étayé par des offrandes monétaires (iactatio stipis) et des récipients en verre. Le péribole, espace sacré entourant les temples, abrite aussi une pièce décorée de fresques (scènes bachiques, motifs floraux) et quatre cuves maçonnées, dont la fonction agricole (vinicole ?) reste hypothétique. L’absence de traces protohistoriques et la rareté du mobilier céramique compliquent la datation précise des phases d’occupation.

Abandonné à la fin du IVe siècle, le site est réoccupé au Moyen Âge par un hameau attesté dès le Xe siècle, associé à des inhumations (Ve–IXe siècles). Les fouilles ont révélé une organisation spatiale atypique : une bipartition entre une cour agricole au sud (pavillons alignés) et un espace cultuel au nord, séparés par un mur et un porche. L’interprétation du site oscille entre villa rurale à pavillons multiples et sanctuaire privé, possiblement lié à un propriétaire notable non identifié. Les analyses biomoléculaires n’ont pas confirmé l’usage viticole des cuves, laissant planer des incertitudes sur les activités économiques du domaine.

Les temples, partiellement fouillés (un tiers de leur surface seulement), livrent des enduits peints (motifs floraux, corne à boire) et des objets du quotidien (bracelets, épingles à cheveux), mêlés à des dépôts votifs. La fontaine, alimentée par un système de canalisation depuis un « château d’eau », et le nymphée (avec rampe d’accès et cuvelage en bois) renforcent l’hypothèse d’un culte hydrique. Les monnaies, majoritairement du IIIe siècle pour le temple nord et du Haut-Empire pour le temple sud, suggèrent des pratiques rituelles prolongées. Le site, aujourd’hui propriété publique, est accessible dans une zone verte aménagée.

La responsable des fouilles, Kristell Chuniaud, souligne la proximité du site avec Augustonemetum, capitale des Arvernes, et l’absence de partie résidentielle claire, interrogeant son statut (domaine privé ou espace cultuel ouvert). Un graffite partiel (AENIV[.]) évoque peut-être un certain Aelianus, mais son identité et son rôle restent inconnus. Le rapport de fouille (2013) et les études spécialisées (numismatique, mobilier en verre) confirment l’importance régionale du sanctuaire, classé parmi les rares exemples de villa à sanctuaire intégré en Gaule romaine.

Liens externes

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