Frise chronologique
Ier siècle av. J.-C.
Première occupation
Première occupation
Ier siècle av. J.-C. (≈ 51 av. J.-C.)
Monnaies gauloises découvertes sur le site.
Début du Ier siècle
Construction du théâtre
Construction du théâtre
Début du Ier siècle (≈ 104)
Théâtre creusé dans la colline.
1865
Découverte du théâtre
Découverte du théâtre
1865 (≈ 1865)
Jean Gontier initie les fouilles.
23 décembre 1881
Premier classement MH
Premier classement MH
23 décembre 1881 (≈ 1881)
Protection du théâtre gallo-romain.
1894
Mort de Jean Gontier
Mort de Jean Gontier
1894 (≈ 1894)
Suicide sur le site.
1900
Rachat par Solange Laporte-Bisquit
Rachat par Solange Laporte-Bisquit
1900 (≈ 1900)
Reprise des fouilles par de La Croix.
1974-1995
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1974-1995 (≈ 1985)
Étude du plateau et du théâtre.
6 août 1992
Classement du sanctuaire
Classement du sanctuaire
6 août 1992 (≈ 1992)
Protection étendue aux temples.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Sanctuaire des Bouchauds (cad. 95 à 98) : classement par arrêté du 6 août 1992
Personnages clés
| Jean Gontier - Découvreur et fouilleur |
Acheta et fouilla le site. |
| Camille de La Croix - Archéologue jésuite |
Dirigea les fouilles post-1900. |
| Solange Laporte-Bisquit - Mécène et propriétaire |
Finança les fouilles au XXe siècle. |
| Augustin Berland - Passionné local |
Logea Jean Gontier près du site. |
| Myriam Fincker et Francis Tassaux - Archéologues modernes |
Interprétèrent l’aménagement du théâtre. |
Origine et histoire
Le sanctuaire des Bouchauds, situé à Saint-Cybardeaux (Charente), est un complexe gallo-romain du Haut-Empire, dominé par un théâtre de 105,60 m de diamètre, le plus grand d’Aquitaine. Construit au Ier siècle, il pouvait accueillir 5 000 à 6 000 spectateurs. Le site, implanté près de la voie romaine d’Agrippa (Saintes-Lyon), surplombe les vallées de la Charente et de la Nouère, à un carrefour stratégique.
Le sanctuaire, au sommet de la colline, comprend deux ensembles de temples : l’un datant du Ier siècle (temple octogonal celtique et temple rectangulaire gréco-romain), l’autre de la fin du IIe ou début du IIIe siècle (deux fana carrés). Une statue de Mercure en argent doré y fut découverte, bien que son lien avec le culte local reste incertain. Les fouilles ont révélé des monnaies dès le Ier siècle av. J.-C., suggérant une occupation pré-romaine.
Découvert en 1865 par Jean Gontier, le théâtre fut partiellement dégagé avant d’être classé Monument Historique en 1881. Ruiné, Gontier se suicida sur le site en 1894. Rachat en 1900 par Solange Laporte-Bisquit, les fouilles reprirent sous la direction du père Camille de La Croix, révélant une agglomération secondaire peut-être identifiée comme Sermanicomagus sur la Table de Peutinger. Le théâtre, lié au culte impérial, servait à des cérémonies religieuses mêlant traditions celtiques et romaines.
Le site, toujours propriété privée, est ouvert au public. Il accueille des visites guidées, des animations estivales comme les Nuits gallo-romaines, et les Sarabandes des Bouchauds, un festival. Les thermes et l’habitat adjacent n’ont pas encore été fouillés en profondeur, laissant des zones d’ombre sur l’étendue exacte de l’agglomération.
Classé à nouveau en 1992 pour son sanctuaire, le site illustre la romanisation de la Gaule, où se côtoient architectures indigènes (temples octogonaux) et romaines (théâtre, fana). L’absence d’inscriptions empêche d’identifier les divinités vénérées, bien que Mercure, divinité majeure en Gaule selon César, soit une hypothèse. Le théâtre, avec ses gradins de pierre réservés aux élites, reflète une hiérarchie sociale marquée lors des cérémonies.