Frise chronologique
1089
Première mention écrite
Première mention écrite
1089 (≈ 1089)
Donation d’un mas à l’église par Na Adalaiza.
1142
Consécration de l’église
Consécration de l’église
1142 (≈ 1142)
Par l’évêque Udalgar I de Castelnou.
1789
Abolition des droits féodaux
Abolition des droits féodaux
1789 (≈ 1789)
Suppression des revenus du monastère.
1802
Vente du prieuré
Vente du prieuré
1802 (≈ 1802)
Acquis par le sieur Armet de La Jonquera.
1955
Classement des fresques
Classement des fresques
1955 (≈ 1955)
Protection au titre des Monuments Historiques.
1983
Classement de la chapelle
Classement de la chapelle
1983 (≈ 1983)
Inclusion des fresques et ruines du monastère.
1993
Rachat et restauration
Rachat et restauration
1993 (≈ 1993)
Par Lucette Triadou, retour du cloître.
2005
Installation des moines orthodoxes
Installation des moines orthodoxes
2005 (≈ 2005)
Communauté roumaine perpétue la vocation monastique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Na Adalaiza - Donatrice |
Cède un mas à l’église en 1089. |
| Udalgar I de Castelnou - Évêque d’Elne |
Consacre l’église en 1142. |
| Pierre Barraca - Dernier prieur |
Vend le site en 1802. |
| Paul Gouvert - Antiquaire |
Démonte le cloître en 1924. |
| Lucette Triadou - Restauratrice |
Rachète et restaure le site en 1993. |
| Père Timothée Lauran - Ancien higoumène |
Dirige la communauté orthodoxe roumaine. |
| Capitaine Paul Berge - Soldat commémoré |
Plaque en son honneur inaugurée en 2023. |
Origine et histoire
Le prieuré Notre-Dame-du-Vilar, situé à Villelongue-dels-Monts dans les Pyrénées-Orientales, trouve ses origines au XIe siècle sous le nom de Sancta Marie de Vilari. Ce terme vilar désigne un hameau dépendant du village principal, ici situé dans les Albères. Une première mention écrite date du 16 mai 1089, lorsque Na Adalaiza et son fils Arnau cèdent un mas à l’église, alors rattachée au prieuré augustin de Sainte-Marie de Lladó. L’édifice actuel, de style roman, est reconstruit au début du XIIe siècle et consacré en 1142 par l’évêque d’Elne Udalgar I de Castelnou.
L’église, orientée à l’est, présente un plan en croix latine avec une nef unique voûtée en berceau brisé, un transept à absidioles et une abside semi-circulaire. Les fresques romanes de l’abside, classées en 1955, représentent une fausse tenture, des apôtres sous des arcades et une mandorle entourée des symboles des Évangélistes. Le site, initialement occupé par un temple romain du Ier siècle av. J.-C., devient un monastère augustin dont le prévôt exerce aussi la seigneurie sur le hameau. La Révolution française supprime ses revenus, conduisant à sa vente en 1802.
Au XXe siècle, le prieuré tombe en ruine : son cloître est démonté en 1924 par un antiquaire, et l’église est décrite comme envahie par la végétation en 1942. Sauvé par un classement partiel en 1983, le site est racheté en 1993 par Lucette Triadou, qui lance sa restauration avec des bénévoles et récupère le cloître déménagé en région parisienne. Depuis 2005, une communauté monacale orthodoxe roumaine y perpétue sa vocation spirituelle, tout en accueillant le Festival lyrique et médiéval du Vilar depuis 1994.
Le lieu rend également hommage au Capitaine Paul Berge, natif de Perpignan et membre de la mission Berthelot en Roumanie pendant la Première Guerre mondiale. Une plaque commémorative, inaugurée en novembre 2023, rappelle son rôle dans la résistance face aux Empires centraux, où il affronte un jeune Erwin Rommel, futur Renard du désert.