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Scierie de Plaimbois-du-Miroir dans le Doubs

Patrimoine classé Patrimoine industriel Scierie

Scierie de Plaimbois-du-Miroir

    Le Moulin Girardot
    25210 Plaimbois-du-Miroir
Propriété privée
Scierie de Plaimbois-du-Miroir
Scierie de Plaimbois-du-Miroir
Scierie de Plaimbois-du-Miroir
Crédit photo : JGS25 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XVe siècle
Origines du moulin
1772
Construction d'une habitation
vers 1884
Reconstruction par Émile Girardot
1912
Installation des turbines Douge
1918
Construction du hangar de séchage
années 1950
Électrification partielle
1988
Fermeture définitive
3 août 2004
Classement monument historique
2016
Restauration de la charpente
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le quai de chargement et la voie de chemin de fer ; le bâtiment de la scierie et l'ensemble des installations, mécanismes et machines immeubles par nature qu'il contient ; le bâtiment du hangar de séchage ; le canal sous les deux bâtiments (cad. B 197) : inscription par arrêté du 3 août 2004

Personnages clés

Émile Girardot - Reconstructeur et propriétaire Rebâtit la scierie vers 1884.
François Xavier Girardot - Propriétaire et bâtisseur Construit une habitation en 1772.
Constant Revillot - Exploitant et modernisateur Installe turbines en 1912, spécialise en sciage.
Louis Revillot - Héritier et gestionnaire Poursuit l’activité jusqu’aux années 1950.
Constant Revillot (1922-1991) - Dernier exploitant Gère la scierie jusqu’à sa fermeture.

Origine et histoire

La scierie de Plaimbois-du-Miroir, aussi appelée moulin Girardot, est un moulin à eau construit vers 1884 par Émile Girardot sur les fondations d’un ancien moulin du XVe siècle, alors propriété du prieuré de Laval-le-Prieuré. À l’origine, ce moulin servait à moudre le blé et à traiter le chanvre (ribe), avant de se diversifier dans la production d’huile et le sciage à la fin du XVIIIe siècle. Le site, situé en rive droite du Dessoubre, illustre l’adaptation des infrastructures rurales aux besoins industriels émergents.

En 1884, Émile Girardot reconstruit entièrement la scierie et y ajoute une habitation à l’est. L’installation de deux turbines hydrauliques Douge en 1912 modernise son fonctionnement, tandis qu’un hangar de séchage, bâti en 1918, marque sa spécialisation dans le commerce du bois. Dans les années 1950, une scie électrique remplace l’une des scies verticales en bois, reflétant l’électrification progressive des outils industriels. L’activité cesse définitivement en 1988, suivie de la destruction partielle du moulin après un incendie en 1989.

Le bâtiment, caractéristique de l’architecture rurale industrielle, combine moellons calcaires, pans de bois et essentage de planches. Son toit à longs pans et ses tuiles mécaniques abritaient à la fois des espaces de production (scierie, écurie, grange) et une partie habitable. Le site inclut aussi un quai de chargement, une voie ferrée, et un canal alimentant les turbines, tous classés monuments historiques depuis 2004. Les restaurations (vanne en 2012, charpente en 2016) ont permis de préserver ce témoignage unique de l’histoire technique et économique de la région.

L’histoire du moulin remonte au moins au XVe siècle, lorsqu’il appartenait au prieuré de Laval-le-Prieuré et servait de moulin à blé et à chanvre. Passé entre les mains de plusieurs familles (Guyot-Renaud, Girardot, Revillot), il évolue au fil des siècles : François Xavier Girardot y construit une habitation en 1772, tandis qu’au XIXe siècle, la famille Revillot modernise les installations et se spécialise dans le sciage. La scierie, dernier vestige de ce complexe, incarne aujourd’hui la transition entre les moulins traditionnels et l’ère industrielle en milieu rural.

Classée monument historique en 2004, la scierie de Plaimbois-du-Miroir se distingue par son système hydraulique (turbines Douge, canal dérivé du Dessoubre) et son organisation spatiale, typique des petites unités de production familiales. Son abandon en 1988 et sa restauration partielle en font un site patrimonial à vocation pédagogique, illustrant les défis de la préservation du patrimoine industriel en zone rurale. Les transmissions mécaniques encore visibles offrent un aperçu concret des techniques de sciage traditionnelles.

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