Frise chronologique
1860
Première scierie Vincent
Première scierie Vincent
1860 (≈ 1860)
Fondation par Jean-Baptiste Vincent, rue de la Gare.
1920-1925
Construction de la scierie actuelle
Construction de la scierie actuelle
1920-1925 (≈ 1923)
Site équipé d'une machine à vapeur de 1893.
1945
Reconstruction des ponts du Rhin
Reconstruction des ponts du Rhin
1945 (≈ 1945)
Fourniture de poutres en bois pour la reconstruction.
1960
Fin de l'ère vapeur
Fin de l'ère vapeur
1960 (≈ 1960)
Remplacement par l'électricité, arrêt partiel.
1990
Arrêt définitif de la production
Arrêt définitif de la production
1990 (≈ 1990)
Conservation des machines par Ariel Vincent.
9 décembre 1996
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
9 décembre 1996 (≈ 1996)
Protection des bâtiments et outillages.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Totalité des parties immeubles des bâtiments de la scierie, y compris le massif à demeure de la chaudière ; cheminée ; installations techniques extérieures : voies ferrées, support de la chaine sans fin, site de l'ancien étang de flottage (cad. 32 27) : inscription par arrêté du 9 décembre 1996
Personnages clés
| Jean-Baptiste Vincent - Fondateur de la première scierie |
Actif dans les années 1860. |
| Augustin Vincent - Dirigeant de la deuxième scierie |
Située rue du Moulin avant 1920. |
| Ariel Vincent - Dernier propriétaire et conservateur |
A préservé les machines après 1990. |
Origine et histoire
La scierie Vincent, située au 1a rue Maurice-Burrus à Sainte-Croix-aux-Mines (Haut-Rhin), est un édifice industriel emblématique du premier quart du XXe siècle. Construite entre 1920 et 1925 par la famille Vincent, elle se distingue par son architecture fonctionnelle : murs en briques et bois, grandes baies vitrées, et un toit à longs pans débordants. Son originalité réside dans son système énergétique, basé dès l'origine sur une machine à vapeur de 1893 (150 CV), récupérée d'une usine textile et alimentée par une chaudière marine de 1907, brûlant sciure et délignures. Ce choix technique innovant pour l'époque marquait une rupture avec les scieries hydrauliques traditionnelles.
La scierie joua un rôle économique majeur dans la région, produisant madriers et poutres pour des projets d'envergure comme le tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines ou la reconstruction des ponts du Rhin en 1945. Son outillage, exceptionnellement préservé depuis l'arrêt de la production en 1960 (remplacée par l'électricité), inclut des machines rares : scie à fagot, déligneuse, chariot à chaîne, et moulin à sciure. Ces équipements, protégés au titre des Monuments Historiques depuis 1996, illustrent une chaîne de production complète, des troncs tirés par chaîne dans l'étang de flottage (aujourd'hui comblé) aux produits finis.
L'histoire de la scierie s'inscrit dans une lignée familiale remontant à 1860, avec Jean-Baptiste Vincent, puis Augustin Vincent, avant cette troisième implantation. La machine à vapeur, fabriquée par la Société Alsacienne de Construction Mécanique et la chaudière par Kuhnle, Kopp & Kausch AG, symbolise l'industrialisation alsacienne. Après 1990, Ariel Vincent, dernier propriétaire, a transformé le site en lieu de mémoire, conservant les machines et les voies ferrées internes. L'ensemble, incluant la cheminée en brique et le site de l'étang, est protégé pour son authenticité technique et son témoignage sur l'évolution des énergies industrielles.