Frise chronologique
Ve siècle
Premières mentions écrites
Premières mentions écrites
Ve siècle (≈ 550)
Graphies *Sicdelis* et *Sintelis* attestées.
XVIIIe siècle
Construction du fort
Construction du fort
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Fort de l’île aux Moines par Garangeau.
1910
Massacre des macareux
Massacre des macareux
1910 (≈ 1910)
Chasse intensive réduisant leur population de 20 000 à 2 000.
1912
Création de la réserve
Création de la réserve
1912 (≈ 1912)
Première réserve ornithologique privée de France.
juillet 2023
Extension de la réserve
Extension de la réserve
juillet 2023 (≈ 2023)
Passage de 320 à 19 700 hectares protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Jean-Siméon Garangeau - Ingénieur militaire |
Disciple de Vauban, concepteur du fort. |
| Régis Ribet - Architecte du patrimoine |
Supervise la rénovation du fort. |
Origine et histoire
Les Sept-Îles (ou ar Jentilez en breton) forment un archipel situé au large de Perros-Guirec, en Bretagne. Ce nom français résulte d’une mauvaise interprétation du toponyme breton Jentilez (parfois prononcé sitiiles), francisé en « Sept Îles » alors que l’archipel compte cinq îles principales, des rochers et un îlot. Les plus anciennes graphies, comme Sicdelis ou Sintelis (Ve siècle), attestent d’une occupation ancienne, mais c’est au début du XXe siècle que le site gagne une notoriété nationale.
En 1910, la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest organise des excursions de chasse dans l’archipel, ciblant notamment les macareux moines, dont les becs étaient collectionnés comme trophées. En seulement deux ans, leur population chute de 20 000 à 2 000 individus. Ce massacre déclenche une vague d’indignation, menant à la création de la réserve naturelle nationale des Sept-Îles en 1912, première et plus ancienne réserve ornithologique privée de France. Son objectif : protéger les douze espèces d’oiseaux marins nicheurs, dont les fous de Bassan, les cormorans et les alcidés.
L’archipel se compose de cinq îles majeures : Bono (la plus grande), Plate, aux Moines (seule accessible au public, dotée d’un phare et des vestiges d’un fort du XVIIIe siècle conçu par Jean-Siméon Garangeau, disciple de Vauban), Malban et Rouzic (principale zone de nidification, avec 22 395 couples de fous de Bassan recensés en 2011). Pour atteindre le chiffre symbolique de sept, les guides incluent deux ensembles rocheux, le Cerf et les Costans, visibles à marée basse. L’île Tomé, bien que proche géologiquement, n’en fait pas partie.
La réserve s’étend en juillet 2023 de 320 à 19 700 hectares, devenant la 2e zone marine protégée de France métropolitaine. Une « zone de quiétude » de 130 hectares, interdite aux humains d’avril à août, y est instaurée pour préserver la faune (phoques gris, oiseaux) et la flore (herbiers de zostères, laminaires). Le Conservatoire du littoral et l’architecte du patrimoine Régis Ribet supervisent la rénovation du fort de l’île aux Moines pour son ouverture au public.
Le toponyme breton Jentilez évoque une origine mythologique ou pré-chrétienne, tandis que la graphie française reflète une assimilation administrative. Malgré son nom, l’archipel illustre avant tout un écosystème unique, façonné par l’érosion et la protection humaine, où nature et histoire se croisent depuis le Ve siècle jusqu’à aujourd’hui.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Ouverture : Horaires, jours et tarifs sur le site armor-navigation