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Sépulture mégalithique

Sépulture mégalithique

  • Aillevans
Sépulture mégalithique
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Sépulture mégalithique
Sépulture mégalithique
Crédit photo : Ginette Mathis - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Néolithique
Âge du Bronze
XIXe siècle
Époque contemporaine
2800 av. J.-C.
2700 av. J.-C.
1500 av. J.-C.
1900
2000
Néolithique final
Construction initiale
Âge du Bronze
Réaménagements et réutilisations
1954
Fouilles initiales
1960
Fouilles complémentaires
1973
Nouvelle intervention
2 mars 1979
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Sépulture mégalithique (cad. B7 694) : classement par arrêté du 2 mars 1979

Personnages clés

Viellescazes Archéologue ayant mené les premières fouilles en 1954.
J.-P. Milotte Archéologue participant aux fouilles de 1960.
A. Thévenin Archéologue participant aux fouilles de 1960.
R. Antoine Archéologue participant aux fouilles de 1960.

Origine et histoire

Les dolmens du Bois de Blusseret, à Aillevans (Haute-Saône), forment un ensemble de trois sépultures mégalithiques situées sur la rive droite de l'Ognon, à environ 300 m d'altitude. Les trois édifices, très homogènes sur le plan architectural et dans les pratiques d'inhumation, suggèrent une même population sédentarisée entre le Néolithique final et l'âge du Bronze. Des fouilles ont été menées en 1954 par Viellescazes, en 1960 par J.-P. Milotte, A. Thévenin et R. Antoine, puis une nouvelle intervention a concerné le dolmen n°1 en 1973 ; aucun relevé d'ensemble complet n'a toutefois été publié et le mobilier des premières campagnes reste mal documenté. Le dolmen n°1 est classé au titre des monuments historiques depuis le 2 mars 1979 et protégé aujourd'hui par un chalet au milieu de la forêt.

Le dolmen n°1 a connu cinq phases successives de construction, réaménagement ou réemploi. À l'origine, il s'agit d'un dolmen à antennes inclus dans un tumulus circulaire de 3 m de rayon, orienté est-ouest et ouvert à l'est. Un vestibule de 2 m de large sur 1 m de long, délimité au nord et au sud par deux orthostates calcaires scellés dans des fosses d'environ 0,80 m comblées d'argile, précède une chambre funéraire rectangulaire de 1,90 m sur 1,70 m délimitée par quatre dalles. Les orthostates est et ouest, particulièrement imposants (1,70 m et 2,15 m de longueur pour 0,30 à 0,40 m d'épaisseur), ont été enfoncés sur 1,80 m de profondeur, tandis que les dalles nord et sud, plus petites, ont été calées sur des profondeurs plus modestes avec des dallettes en calcaire ; certaines dalles portent des traces de bouchardage et le sol de la chambre a été creusé sur environ 0,35 m. Dans une seconde phase, le tumulus primitif fut englobé dans un aménagement empierré trapézoïdal de 18 m de long et 4 à 9 m de large, bordé de plaquettes calcaires dressées verticalement dans un fossé ; des trous de poteau, dont six autour du dolmen, et un dallage entourant la tombe témoignent d'une architecture plus complexe qui, hormis les antennes et l'entrée, a peut‑être été surmontée d'un bâti en bois à double pente, suggérant une réutilisation possible du lieu comme sanctuaire. Après un abandon apparent au Bronze ancien marqué par des dégradations naturelles, l'intérieur du dolmen fut réaménagé au Bronze final : une fosse d'extraction d'argile et des cuvettes destinées à recevoir des restes d'incinération furent creusées, puis la végétation colonisa le tumulus qui devint progressivement un tas d'épierrement encore utilisé jusqu'au XXe siècle.

Les restes osseux humains mis au jour dans le dolmen n°1 correspondent à au moins vingt-trois individus inhumés au cours des trois premières phases d'utilisation. Des os d'animaux indiquent principalement des intrusions de rongeurs, mais la présence de suidés, d'ovicapridés et de bœuf suggère également des dépôts alimentaires proches des sépultures. Les fouilles antérieures ont perturbé les couches archéologiques ; l'essentiel du mobilier recueilli l'a été lors du tamisage des déblais des campagnes précédentes et comprend des percuteurs et éclats en quartzite, des blocs de grès semblant avoir servi de bouchardes, divers silex (lamelles, éclats, armatures de flèche, poignard) et une céramique principalement attribuée au Bronze final.

Le dolmen n°2 reproduit l'architecture du n°1. Sa chambre, de plan approximativement carré d'environ 2 m de côté, est délimitée par quatre orthostates ; les dalles est et ouest, longues et épaisses, sont enfoncées dans un fossé de 1,80 m de profondeur, tandis que les dalles nord et sud, de moindre taille, sont enfoncées sur environ 0,25 m et les angles est sont fermés par des murettes en pierre sèche. Le tumulus se compose d'une masse d'argile recouverte d'un dallage de quatre à six couches formant un trapèze de 15 à 17 m de longueur dont la grande base à l'est, large d'environ 2 m, accueille l'ouverture du dolmen ; le sol de la chambre a été creusé sur près de 0,60 m.

La couche archéologique retrouvée dans la chambre est homogène, ce qui indique une utilisation continue : les inhumations antérieures ont été repoussées le long des parois pour laisser place aux nouvelles sépultures. Les fouilleurs ont signalé la découverte d'un nombre très élevé de dents humaines (entre 3 500 et 4 000) ; le comptage des fragments osseux conduit à une estimation d'environ cinquante inhumations, dont une majorité d'adultes et plusieurs enfants, et la présence de 200 à 300 dents de sanglier ou de cochon est interprétée comme le vestige d'offrandes alimentaires. Le mobilier observé est peu abondant et homogène : quelques outils en silex (dont quatre pointes de flèche et un poignard à encoche), trois objets métalliques en cuivre ou bronze (une grosse perle moulée, un grain martelé et une petite alène bipointe) et des tessons attribuables à au moins trois vases, dont deux à profil en S et un gobelet à fond rond de qualité médiocre. L'homogénéité du mobilier corrobore l'utilisation continue du dolmen n°2 et laisse supposer qu'il n'a été employé qu'après le réemploi du dolmen n°1.

Le dolmen n°3 présente une configuration comparable aux deux autres, à l'exception d'une chambre qui n'a pas été creusée dans le sol. Le dallage périphérique atteint au minimum 18 m de longueur mais l'édifice est en très mauvais état, les dalles portantes étant brisées. Sur le dallage ont été recueillis quelques ossements humains très fragmentés et des restes d'animaux (suidé et ovicapridé), et le mobilier funéraire se réduit à quelques fragments de vases, dont un fragment brun-noir à pâte grossière avec gros dégraissant calcaire.

Liens externes

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