Frise chronologique
vers 3500 av. J.-C.
Fosse chasséenne antérieure
Fosse chasséenne antérieure
vers 3500 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Découverte entre deux orthostates nord.
1927
Nouvelle description par Paul Banéat
Nouvelle description par Paul Banéat
1927 (≈ 1927)
Reprise des observations de Bézier.
3 mars 1975
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
3 mars 1975 (≈ 1975)
Protection officielle du site.
1989
Incendies et acquisition départementale
Incendies et acquisition départementale
1989 (≈ 1989)
Dégradations menant à la restauration.
1991-1992
Fouilles archéologiques dirigées par Jacques Briard
Fouilles archéologiques dirigées par Jacques Briard
1991-1992 (≈ 1992)
Découvertes de mobilier néolithique et restauration.
Fin du XIXe siècle
Première description par P. Bézier
Première description par P. Bézier
Fin du XIXe siècle (≈ 1995)
Plan détaillé et analyse architecturale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Sépulture mégalithique (cad. ZY 11) : classement par arrêté du 3 mars 1975
Personnages clés
| P. Bézier - Archéologue |
Première description précise en 1883. |
| Paul Banéat - Historien local |
Reprend l’étude du monument en 1927. |
| Jacques Briard - Archéologue, directeur des fouilles |
Fouilles et restauration dans les années 1990. |
| Charles-Tanguy Leroux - Archéologue |
Relevé précis dans les années 1980. |
Origine et histoire
La sépulture mégalithique de Tréal, située à Saint-Just en Ille-et-Vilaine, est un édifice funéraire du Néolithique construit à proximité d’un affleurement de schiste pourpré. Mesurant 15,50 m de long, elle est délimitée par 26 orthostates (14 au nord, 12 au sud) et recouverte de neuf dalles de schiste, bien que deux aient disparu depuis le XIXe siècle. Son entrée latérale, orientée au sud-est, donne accès à une chambre pavée de dalles, tandis qu’un cairn elliptique enserrait l’ensemble, constitué de schiste et de quartz. Le site, endommagé par des chasseurs de trésors dès le XIXe siècle, a fait l’objet de fouilles et d’une restauration après son acquisition par le département en 1989.
À la fin du XIXe siècle, P. Bézier réalise la première description détaillée du monument, suivie en 1927 par Paul Banéat. Les fouilles de 1991-1992, dirigées par Jacques Briard, révèlent un mobilier archéologique modeste mais significatif : des éclats lamellaires en grès, une pointe de flèche en silex blond, et des pendeloques en cristal de roche et fibrolithe, typiques du Néolithique moyen armoricain. Une fosse contenant des poteries chasséennes (vers 3500 av. J.-C.) suggère une occupation antérieure au monument. Classée en 1975, la sépulture illustre les pratiques funéraires et l’architecture mégalithique de la région, malgré les dégradations subies au fil des siècles.
Le monument, construit à partir de matériaux locaux (schiste et quartz), témoigne d’une maîtrise technique notable pour l’époque. Son cairn, partiellement conservé, et son dallage intérieur reflètent une organisation sociale complexe, où les sépultures collectives jouaient un rôle central. Les objets découverts, comme la hache-pendeloque en fibrolithe, soulignent les échanges culturels et les croyances symboliques des communautés néolithiques d’Armorique. Aujourd’hui propriété départementale, le site offre un exemple préservé, bien que restauré, de l’architecture mégalithique bretonne.
Les incendies de 1989 ont accéléré la dégradation du site, conduisant à son acquisition par le conseil départemental d’Ille-et-Vilaine. Les fouilles systématiques ont permis de préciser sa chronologie, révélant des traces d’occupation antérieures (fosse chasséenne) et confirmant son usage funéraire au Néolithique moyen à final (vers 2500 av. J.-C.). Les céramiques de type « pot de fleurs », associées à la culture Seine-Oise-Marne, attestent de liens avec d’autres régions. La restauration a visé à stabiliser la structure, tout en préservant les éléments authentiques, comme les orthostates et les dalles de couverture restantes.
Le mobilier lithique, incluant des grattoirs et des lamelles de silex, indique des activités artisanales locales, tandis que le silex blond de Touraine suggère des réseaux d’échange à longue distance. Les pendeloques en cristal de roche, objets de parure rares, soulignent le statut social des défunts ou le caractère rituel du site. Malgré les pillages anciens, ces découvertes offrent un éclairage précieux sur les pratiques funéraires et les technologies du Néolithique en Bretagne. Le classement de 1975 et les travaux ultérieurs ont permis de sauvegarder ce patrimoine fragile pour les générations futures.