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Siège du Droit Humain International à Paris 1er dans Paris

Siège du Droit Humain International

    5 Rue Jules Breton
    75013 Paris 13e Arrondissement
Propriété d'une association
Siège du Droit Humain International
Siège du Droit Humain International
Siège du Droit Humain International
Siège du Droit Humain International
Siège du Droit Humain International
Siège du Droit Humain International
Siège du Droit Humain International
Siège du Droit Humain International
Siège du Droit Humain International
Siège du Droit Humain International
Siège du Droit Humain International
Crédit photo : LPLT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1882
Initiation de Maria Deraismes
1893
Fondation de la GLSE-DH
1901
Création de l'OMNI
1912-1914
Construction du siège
1er juin 2013
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le siège en totalité (cad. AR 36, cf plan annexé à l'arrêté) : inscription par arrêté du 1er juin 2013

Personnages clés

Georges Martin - Cofondateur et philanthrope Initiateur du projet internationaliste et donateur du siège.
Maria Deraismes - Pionnière féministe Première femme franc-maçonne en France, cofondatrice.
Charles Nizet - Architecte Concepteur du bâtiment en style égyptisant.
Marie-Georges Martin - Première grande maîtresse (1903-1914) Épouse de Georges Martin, dirigeante de l’ordre.

Origine et histoire

Le siège du Droit Humain International, situé 5 rue Jules-Breton dans le 13e arrondissement de Paris, est construit entre 1912 et 1914 par l’architecte Charles Nizet. Ce bâtiment, anciennement la demeure de Georges Martin, cofondateur de l’ordre maçonnique mixte, est conçu dans un style égyptisant, en vogue après l’Exposition universelle de 1900. La façade, ornée de colonnes palmiformes et de triangles ailés évoquant Horus, affiche des inscriptions militantes, comme « DANS L'HVMANITE LA FEMME A LES MEMES DEVOIRS QVE L'HOMME ». Classé Monument Historique en 2013, il incarne l’héritage féministe et universaliste de l’ordre.

L’ordre maçonnique mixte international « Le Droit humain » est fondé en 1893 par Georges Martin et Maria Deraismes, pionnière du féminisme et première femme initiée en franc-maçonnerie en France. Leur objectif : promouvoir l’égalité entre hommes et femmes dans les loges, une révolution dans un milieu alors exclusivement masculin. En 1901, l’ordre se structure avec la création du « Suprême Conseil universel mixte », permettant une continuité initiatique des 33 degrés du Rite écossais ancien et accepté. Le siège parisien, legs de Georges Martin, devient le symbole de cette obédience, aujourd’hui présente dans plus de 60 pays.

La devise « ORDO AB CHAO » (l’ordre naît du chaos), gravée au-dessus de l’entrée, résume la philosophie de l’ordre : dépasser les divisions pour construire une société égalitaire. Le bâtiment, propriété de l’association, abrite toujours les instances dirigeantes du Droit Humain. Son architecture et ses symboles en font un lieu unique, à la croisée de l’histoire maçonnique, féministe et architecturale.

Maria Deraismes, journaliste et militante, joue un rôle clé dans la fondation de la première loge mixte en 1893, après son initiation controversée en 1882. Georges Martin, sénateur et philanthrope, porte le projet internationaliste, structurant l’ordre pour qu’il transcende les frontières et les cultures. Leur héritage perdure à travers ce siège, où se décident encore aujourd’hui les orientations d’une obédience engagée pour les droits des femmes et la paix entre les nations.

Le Droit Humain se distingue par trois piliers : la mixité, l’internationalisme et la pratique complète des 33 degrés maçonniques. Contrairement à d’autres obédiences françaises, il intègre des rites variés, comme le Rite anglais, pour s’adapter à ses fédérations mondiales. Le Suprême Conseil, autorité centrale, veille sur la cohérence initiatique et désigne les représentants nationaux, assurant l’unité de l’ordre à travers ses 816 loges réparties sur cinq continents.

Classé Monument Historique en 2013, le siège est un témoignage architectural des luttes pour l’égalité. Les inscriptions de sa façade, comme « LE DROIT HVMAIN », rappellent son engagement pour une franc-maçonnerie ouverte, sans distinction de sexe, de race ou de religion. Ce lieu, à la fois symbole et outil de rayonnement, illustre l’utopie progressiste de ses fondateurs : unir l’humanité par-delà les clivages.

Liens externes