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Siège du Parisien libéré - Paris 2ème

Patrimoine classé

Siège du Parisien libéré - Paris 2ème

    124 Rue Réaumur
    75002 Paris
Siège du Parisien libéré - Paris 2ème
Siège du Parisien libéré - Paris 2ème
Siège du Parisien libéré - Paris 2ème
Siège du Parisien libéré - Paris 2ème

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
22 août 1944
Fondation du *Parisien libéré*
1947
Transformation en société anonyme
17 octobre 1961
Massacre des Algériens à Paris
1986
Rebaptisé *Le Parisien*
2015
Rachat par LVMH (Bernard Arnault)
2017
Déménagement au 10 boulevard de Grenelle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Émilien Amaury - Fondateur (1944–1977) Dirigeant controversé, devise *« énorme »* sur l’info
Claude Bellanger - Directeur général en 1944 Résistant, cofondateur du journal
Philippe Amaury - Directeur (1983–2006) Modernise le titre, lance *Aujourd’hui en France*
Bernard Arnault - Propriétaire depuis 2015 (LVMH) Injecte des fonds, accélère le numérique
Maurice Papon - Préfet de police (1961) Soutenu par le journal lors du massacre
Marie-Odile Amaury - Présidente (2006–2013) Veuve de Philippe Amaury, dirige la transition

Origine et histoire

Le Parisien libéré est fondé le 22 août 1944 par Émilien Amaury et des résistants, remplaçant Le Petit Parisien interdit pour collaboration. Son premier titre annonce : « La victoire de Paris est en marche ! », trois jours avant la Libération. Le journal adopte une ligne éditoriale généraliste axée sur les faits divers et l’actualité locale, avec une devise controversée : « L’information ne doit pas être exacte, elle doit être énorme ». En 1947, il devient une société anonyme et crée le Grand Prix Vérité pour récompenser des récits vécus.

Dans les années 1960, le quotidien, très lu en banlieue parisienne, prend parti pour « l’Algérie française » lors de la guerre d’Algérie. Il utilise des stéréotypes anti-musulmans et minimise les violences policières, comme lors du massacre du 17 octobre 1961, où il soutient le préfet Maurice Papon. Cette période marque son ancrage à droite, gaulliste, avant un recentrage progressif à partir des années 1980.

La crise des années 1970 frappe durement le journal : grèves, chute du lectorat (de 682 000 à 303 000 exemplaires entre 1975 et 1977), et fermeture de l’imprimerie historique de Saint-Ouen en 2015. En 1986, Philippe Amaury (fils du fondateur) rebaptise le titre Le Parisien, lance une édition nationale (Aujourd’hui en France en 1994) et modernise la ligne éditoriale, abandonnant les positions extrémistes. Le journal mise sur la proximité et les services, devenant le premier quotidien régional d’Île-de-France.

Racheté en 2015 par le groupe LVMH de Bernard Arnault, le journal subit des plans de restructuration et une transition numérique accélérée. Malgré des pertes annuelles (20 millions d’euros en moyenne), il bénéficie de subventions publiques (1,7 million d’euros en 2024). En 2017, le siège déménage au 10 boulevard de Grenelle (Paris 15e), symbolisant son évolution vers un modèle hybride, entre presse locale et nationale.

Le Parisien reste marqué par des controverses, comme des accusations de censure (refus de chroniquer Merci Patron ! en 2016, critique de Bernard Arnault) ou son traitement des Gilets jaunes et des émeutes de 2023. En 2024, il dépasse les 100 000 abonnés numériques, grâce aux Jeux Olympiques, mais envisage une nouvelle cession, suscitant des craintes sur son indépendance éditoriale.

Liens externes