Frise chronologique
IIᵉ siècle av. J.-C.
Origines du site
Origines du site
IIᵉ siècle av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Occupation par les Nitiobroges, croisement de routes protohistoriques.
7 janvier 1926
Classement de la tour
Classement de la tour
7 janvier 1926 (≈ 1926)
Inscription au titre des Monuments Historiques.
21 mai 1997
Protection du site
Protection du site
21 mai 1997 (≈ 1997)
Inscription du *vicus* antique d’Eysses.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour romaine d'Eysses : inscription par arrêté du 7 janvier 1926 - Site du vicus antique d'Eysses (cad. HP 61, lieudit La Tour, 266 (rue Victor-Michaut) , 304 (22 rue Victor-Michaut) ; IK 559, lieudit Rouquette nord) : inscription par arrêté du 21 mai 1997
Personnages clés
| Georges Tholin - Archéologue |
A étudié la tour comme possible *fanum* (1896). |
| Jean-François Garnier - Archéologue |
Dirigea les fouilles de 1971 et discoveries militaires. |
| J.-R. Marboutin - Historien |
Proposa l’étymologie *ad excisum fluvium* pour Excisum. |
Origine et histoire
Le site antique d’Eysses, appelé Excisum à l’époque gallo-romaine, se trouve à 1,5 km du centre-ville de Villeneuve-sur-Lot, en Lot-et-Garonne. Son nom, ad excisum fluvium (« à la coupure de la rivière »), évoque sa position stratégique au croisement de deux routes majeures : une voie nord-sud reliant Aginnum (Agen) à Vesunna (Périgueux), et une voie est-ouest entre Divona (Cahors) et Burdigala (Bordeaux). La cité, mentionnée sur la Table de Peutinger et l’Itinéraire d’Antonin, s’étendait sur environ 50 hectares et fut active entre les règnes de Tibère et Hadrien.
Les fouilles ont révélé un ensemble monumental central, incluant une tour circulaire en petit appareil (11 m de diamètre, 10 m de hauteur résiduelle), initialement interprétée comme un fanum ou un temple dédié à Mars. Autour d’une cour bordée de boutiques, se trouvaient une curie (siège des magistrats), un forum avec exèdre, et des pavillons reliés par des murs. Deux inscriptions funéraires et un dépotoir militaire (armements, harnachements) suggèrent la présence de soldats auxiliaires, bien qu’aucun camp légionnaire n’ait été identifié. Les hypothèses incluent un poste de garnison, une statio du cursus publicus, ou des ateliers fabriquant du matériel pour l’armée.
Le déclin d’Excisum débuta au IIIe siècle, probablement lié aux invasions germaniques. Des fouilles (1971, 2013-2014) ont exhumé des ateliers de bronziers, des céramiques sigillées, et des monnaies du Haut-Empire. Les artefacts sont exposés dans l’ancien presbytère de l’église Saint-Sernin. La tour romaine, classée Monument Historique en 1926, et le site du vicus (1997) témoignent de ce passé. À proximité, l’abbaye bénédictine du IXe siècle (devenue prison) et l’église Saint-Sernin soulignent la continuité historique du lieu.