Propriété de l'Etat ; propriété de la commune ; propriété privée
Frise chronologique
Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
200 av. J.-C.
100 av. J.-C.
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100
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400
…
1900
2000
IIe siècle av. J.-C.
Début de l'occupation
Début de l'occupation IIe siècle av. J.-C. (≈ 151 av. J.-C.)
Premières traces d'occupation sur le territoire des Nitiobroges.
Ier siècle
Développement sous l'Empire
Développement sous l'Empire Ier siècle (≈ 150)
Construction de la tour circulaire et développement du vicus sous les règnes de Tibère et d'Hadrien.
IIIe siècle
Déclin de la cité
Déclin de la cité IIIe siècle (≈ 350)
Début du déclin d'Excisum, probablement dû aux invasions germaniques.
1926
Inscription de la tour
Inscription de la tour 1926 (≈ 1926)
La tour romaine d'Eysses est inscrite au titre des monuments historiques.
1997
Inscription du site
Inscription du site 1997 (≈ 1997)
Le site du vicus antique d'Eysses est inscrit au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour romaine d'Eysses : inscription par arrêté du 7 janvier 1926 - Site du vicus antique d'Eysses (cad. HP 61, lieudit La Tour, 266 (rue Victor-Michaut) , 304 (22 rue Victor-Michaut) ; IK 559, lieudit Rouquette nord) : inscription par arrêté du 21 mai 1997
Personnages clés
Jean-François Garnier
Archéologue ayant mené des fouilles de sauvetage en 1971.
Tibère
Empereur romain sous le règne duquel Excisum a commencé à se développer.
Hadrien
Empereur romain sous le règne duquel Excisum a continué à se développer.
Origine et histoire du Site antique
Le site antique d'Eysses, appelé Excisum à l'époque gallo‑romaine, se situe à 1,5 km du centre‑ville de Villeneuve‑sur‑Lot (Lot‑et‑Garonne). La zone de fouille la plus visible se trouve à une centaine de mètres au nord de l'église Saint‑Sernin, dont les anciens bâtiments contigus furent une abbaye bénédictine du IXe siècle, puis successivement école et prison. Occupé dès le IIe siècle av. J.‑C. sur le territoire des Nitiobroges, le site s'est développé au croisement de routes protohistoriques. La cité romaine d'Excisum a été édifiée entre les règnes de Tibère et d'Hadrien au croisement d'une voie nord‑sud reliant Agen à Périgueux et se poursuivant vers Argenton‑sur‑Creuse et d'une voie est‑ouest entre Cahors et Bordeaux. Son nom figure sur la table de Peutinger et dans l'Itinéraire d'Antonin. Deux inscriptions funéraires signalent la présence de soldats auxiliaires, et la découverte d'un dépotoir clos au début de l'époque flavienne, contenant plus d'une centaine d'objets militaires (pièces de harnachement pour chevaux, armes de fantassins), a suggéré l'existence d'un camp au début de l'Empire. Aucun vestige de camp n'ayant été mis au jour, d'autres explications ont été proposées : un petit poste de garnison, une statio du cursus publicus ou des ateliers fournissant du matériel pour l'armée. Le site formait une agglomération centrée sur un ensemble monumental dont subsiste une tour circulaire élevée en petit appareil, avec un mur d'environ 1,1 m d'épaisseur, un diamètre intérieur d'environ 11 m et une hauteur conservée d'environ 10 m. La tour se dressait sur la voie gallo‑romaine reliant Agen à Périgueux et marquait probablement un carrefour ; elle se trouvait à quelques mètres du praetorium qui fut transformé en abbaye sous les Carolingiens. Certains l'ont rapprochée de la tour de Vésone et l'ont interprétée comme la cella d'un temple entourée d'une galerie circulaire ; elle pourrait remonter au IIe siècle. Les fouilles ont révélé l'abside d'une curie et, devant ce bâtiment où se rassemblaient les magistrats du vicus, des galeries de boutiques organisées autour d'une cour dont le centre était occupé par un temple dédié à Mars. Les portiques se terminaient par des pavillons nord et sud reliés par des murs, et le forum, situé en avant, s'achevait à l'est par une exèdre. Une abside semi‑circulaire subsiste en élévation ; certains y voient l'abside d'un temple, hypothèse qui n'est pas unanimement acceptée. La cité, qui devait occuper environ 50 hectares, déclina progressivement à partir du IIIe siècle, vraisemblablement sous l'effet des premières invasions germaniques. Des fouilles de sauvetage conduites en 1971 par Jean‑François Garnier et des bénévoles de la Société archéologique et historique de Villeneuve‑sur‑Lot ont été menées à 200 mètres de la tour, sur le site prévu pour un hôpital. Les mêmes équipes ont dégagé des ateliers de forgerons bronziers et d'artisans travaillant l'os, ainsi que de la céramique commune et sigillée et des monnaies du Haut‑Empire confirmant la période d'activité de l'agglomération. D'autres campagnes ont eu lieu en 2013 et 2014 à la demande des élus de Villeneuve‑sur‑Lot. Les pièces remarquables issues de ces recherches sont exposées dans un espace muséal installé dans l'ancien presbytère de l'église Saint‑Sernin. La tour romaine d'Eysses a été inscrite au titre des monuments historiques le 7 janvier 1926 et le site du vicus antique d'Eysses le 21 mai 1997.