Origine et histoire du Site archéologique
Ambrussum est un site archéologique situé sur la commune de Villetelle (Hérault, Occitanie), entre Nîmes et Montpellier. Il se compose d’un oppidum celte fondé au IVe–IIIe siècle av. J.-C., puis d’une agglomération gallo-romaine développée après la conquête romaine (IIe siècle av. J.-C.). Le site inclut aussi une station routière le long de la voie Domitienne et le célèbre pont Ambroix, peint par Gustave Courbet, franchissant le Vidourle. Son nom, d’origine obscure, pourrait provenir d’un substrat pré-indoeuropéen ou lier aux Ligures, appelés Ambrones dans leur langue.
L’oppidum, entouré de remparts à tours quadrangulaires puis arrondies, témoigne d’une occupation continue depuis le Néolithique (2600–2100 av. J.-C.). Des artefacts comme des fibules italiques ou des céramiques grecques attestent d’échanges précoces avec la Méditerranée. À l’époque gallo-romaine, la ville haute abrite un forum, des domus et des bâtiments publics, tandis que la station routière, organisée en îlots spécialisés (auberges, forge, thermes), accueille voyageurs et marchands le long de la voie Domitienne. Le déclin du site s’amorce entre les IIe et IIIe siècles apr. J.-C.
Le pont Ambroix, élément emblématique du site, est mentionné dès le XVIIe siècle par des érudits locaux comme Anne de Rulman. Les fouilles modernes, initiées en 1967 par Jean-Luc Fiches et poursuivies par Maxime Scrinzi, ont révélé des vestiges allant du Néolithique à l’Antiquité tardive. Le site, classé monument historique en 1974, abrite aujourd’hui un musée et un parcours archéologique ouvert au public. Son abandon définitif intervient au Ve siècle, bien que la voie Domitienne reste utilisée au Moyen Âge avant d’être remplacée par le Camin Roumieu.
Les découvertes archéologiques incluent des monnaies gauloises frappées à Ambrussum (portant l’inscription AMBR), des gobelets en argent listant le site sur des itinéraires antiques (comme ceux de Vicarello), et des autels votifs dédiés à des divinités romaines comme Fortuna. La nécropole gauloise, située en zone inondable, et les vestiges de métiers (forge, moulin) illustrent la vie quotidienne et les activités économiques du site, marqué par son rôle stratégique entre Cévennes et Méditerranée.
La topographie d’Ambrussum, répartie entre la colline du Devès (oppidum) et la plaine du Vidourle (station routière), reflète une organisation urbaine adaptée aux contraintes géographiques et aux crues du fleuve. Les îlots du quartier bas, comme l’hôtellerie réservée au cursus publicus ou la « maison de charron », révèlent une société hiérarchisée, où coexistent fonctions administratives, artisanales et agricoles. L’abandon progressif du site coïncide avec le déclin de l’Empire romain d’Occident et la désaffection des infrastructures routières impériales.