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Site archéologique de Changé à Maintenon dans l'Eure-et-Loir

Patrimoine classé Sites archéologique

Site archéologique de Changé

    Hameau de Changé
    28130 Maintenon

Frise chronologique

Néolithique
Âge du Bronze
Âge du Fer
Antiquité
XIXe siècle
Époque contemporaine
4100 av. J.-C.
4000 av. J.-C.
3900 av. J.-C.
3500 av. J.-C.
3400 av. J.-C.
100 av. J.-C.
600
1900
2000
3770–4498 av. J.-C.
Utilisation sépulcrale initiale
3500–4500 av. J.-C.
Construction des mégalithes
4350–2600 av. J.-C.
Transformation du site
Ier siècle av. J.-C.
Réutilisation gauloise
Ve–VIe siècle
Nécropole mérovingienne
1974
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Léon Petit - Archéologue et agriculteur Fouilles de 1924 à 1927, découverte du dolmen Petit.
Michel Souty - Archéologue Sondages en 1975–1976 sur le site.
Dominique Jagu - Archéologue Exploration systématique à partir de 1983.

Origine et histoire

Le site mégalithique de Changé, en limite de Maintenon et Saint-Piat (Eure-et-Loir), est un ensemble funéraire datant du Néolithique (3500–4500 av. J.-C.). Il comprend trois dolmens (dont le dolmen du Berceau et le dolmen Petit) et un menhir (Le But de Gargantua), alignés sur un même axe. Les fouilles ont révélé que ces monuments étaient initialement situés sur une presqu’île à la confluence de l’Eure et d’un affluent. Les dalles, extraites localement, servaient à des sépultures collectives ou à des rites cérémoniels, comme en témoignent les gravures de haches et d’idoles dans le dolmen du Berceau.

Le site a connu trois phases d’utilisation. D’abord, les dolmens abritèrent des sépultures (squelettes, collier de canines de renard) entre 3770 et 4498 av. J.-C. Puis, vers 4350–2600 av. J.-C., le dolmen Petit fut transformé : son cairn démonté pour former un cercle de pierres, et sa dalle de couverture dressée en menhir. Un fossé et un tumulus furent ajoutés, tandis qu’un atelier de taille de silex s’y installait. Enfin, le site fut condamné : la dalle du dolmen Petit renversée, et l’ensemble recouvert d’un tumulus de 30 m de diamètre.

Réutilisé à l’Âge du bronze par les Gaulois (traces de fanums, fosses dépotoirs avec céramiques de La Tène D et ossements d’animaux), le site devint une nécropole mérovingienne (Ve–VIe siècle) avec près de 100 tombes creusées dans le tumulus. Les squelettes, majoritairement féminins, y étaient inhumés dans des cercueils en bois, tête à l’ouest. Au Moyen Âge, une carrière de sable et gravier s’y implanta, réutilisant aussi des sépultures du Haut-Empire.

Les monuments furent étudiés dès le XIXe siècle, avec des fouilles majeures menées par Léon Petit (1924–1927), Michel Souty (1975–1976), et Dominique Jagu (à partir de 1983). Les techniques modernes (photos aériennes, prospections électromagnétiques) ont confirmé l’importance du site, classé partiellement aux monuments historiques en 1974. Il s’agit de la plus grande concentration de mégalithes d’Eure-et-Loir.

Les découvertes archéologiques incluent des objets chasséens, des monnaies gauloises, et des gravures rupestres uniques. Le dolmen du Berceau, avec sa dalle de 30 tonnes, et le menhir Le But de Gargantua illustrent l’ingénierie néolithique. Le site témoigne ainsi d’une occupation continue sur plus de 6 000 ans, du Néolithique aux Mérovingiens.

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