Frise chronologique
3770–4498 av. J.-C.
Utilisation sépulcrale initiale
Utilisation sépulcrale initiale
3770–4498 av. J.-C. (≈ 4134 av. J.-C.)
Sépultures dans le dolmen Petit (collier de renard).
3500–4500 av. J.-C.
Construction des mégalithes
Construction des mégalithes
3500–4500 av. J.-C. (≈ 4000 av. J.-C.)
Édification des dolmens et menhir sur une presqu’île.
4350–2600 av. J.-C.
Transformation du site
Transformation du site
4350–2600 av. J.-C. (≈ 3475 av. J.-C.)
Cercle de pierres, fossé, et réaménagement des dolmens.
Ier siècle av. J.-C.
Réutilisation gauloise
Réutilisation gauloise
Ier siècle av. J.-C. (≈ 51 av. J.-C.)
Fosses dépotoirs et fanums à proximité.
Ve–VIe siècle
Nécropole mérovingienne
Nécropole mérovingienne
Ve–VIe siècle (≈ 650)
Cent tombes creusées dans le tumulus.
1974
Classement monument historique
Classement monument historique
1974 (≈ 1974)
Protection du dolmen du Berceau et du menhir.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Léon Petit - Archéologue et agriculteur |
Fouilles de 1924 à 1927, découverte du dolmen Petit. |
| Michel Souty - Archéologue |
Sondages en 1975–1976 sur le site. |
| Dominique Jagu - Archéologue |
Exploration systématique à partir de 1983. |
Origine et histoire
Le site mégalithique de Changé, en limite de Maintenon et Saint-Piat (Eure-et-Loir), est un ensemble funéraire datant du Néolithique (3500–4500 av. J.-C.). Il comprend trois dolmens (dont le dolmen du Berceau et le dolmen Petit) et un menhir (Le But de Gargantua), alignés sur un même axe. Les fouilles ont révélé que ces monuments étaient initialement situés sur une presqu’île à la confluence de l’Eure et d’un affluent. Les dalles, extraites localement, servaient à des sépultures collectives ou à des rites cérémoniels, comme en témoignent les gravures de haches et d’idoles dans le dolmen du Berceau.
Le site a connu trois phases d’utilisation. D’abord, les dolmens abritèrent des sépultures (squelettes, collier de canines de renard) entre 3770 et 4498 av. J.-C. Puis, vers 4350–2600 av. J.-C., le dolmen Petit fut transformé : son cairn démonté pour former un cercle de pierres, et sa dalle de couverture dressée en menhir. Un fossé et un tumulus furent ajoutés, tandis qu’un atelier de taille de silex s’y installait. Enfin, le site fut condamné : la dalle du dolmen Petit renversée, et l’ensemble recouvert d’un tumulus de 30 m de diamètre.
Réutilisé à l’Âge du bronze par les Gaulois (traces de fanums, fosses dépotoirs avec céramiques de La Tène D et ossements d’animaux), le site devint une nécropole mérovingienne (Ve–VIe siècle) avec près de 100 tombes creusées dans le tumulus. Les squelettes, majoritairement féminins, y étaient inhumés dans des cercueils en bois, tête à l’ouest. Au Moyen Âge, une carrière de sable et gravier s’y implanta, réutilisant aussi des sépultures du Haut-Empire.
Les monuments furent étudiés dès le XIXe siècle, avec des fouilles majeures menées par Léon Petit (1924–1927), Michel Souty (1975–1976), et Dominique Jagu (à partir de 1983). Les techniques modernes (photos aériennes, prospections électromagnétiques) ont confirmé l’importance du site, classé partiellement aux monuments historiques en 1974. Il s’agit de la plus grande concentration de mégalithes d’Eure-et-Loir.
Les découvertes archéologiques incluent des objets chasséens, des monnaies gauloises, et des gravures rupestres uniques. Le dolmen du Berceau, avec sa dalle de 30 tonnes, et le menhir Le But de Gargantua illustrent l’ingénierie néolithique. Le site témoigne ainsi d’une occupation continue sur plus de 6 000 ans, du Néolithique aux Mérovingiens.