Frise chronologique
Ve-IVe siècle av. J.-C.
Période d'occupation
Période d'occupation
Ve-IVe siècle av. J.-C. (≈ 351 av. J.-C.)
Apogée et abandon progressif.
Vers 500 av. J.-C.
Début de l'occupation
Début de l'occupation
Vers 500 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Fondation de l'oppidum hallstattien.
1520
Origine du nom
Origine du nom
1520 (≈ 1520)
Nicolas de Ludre adopte le titre de comte d'Affrique.
1901-1912
Fouilles de Jules Beaupré
Fouilles de Jules Beaupré
1901-1912 (≈ 1907)
Première campagne archéologique majeure.
1907
Classement artistique
Classement artistique
1907 (≈ 1907)
Protection par Jules Beaupré.
1981-1988
Fouilles modernes
Fouilles modernes
1981-1988 (≈ 1985)
Datation précise et étude des remparts.
7 septembre 1998
Inscription MH
Inscription MH
7 septembre 1998 (≈ 1998)
Classement monument historique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Site archéologique en totalité (cad. A 2, 3, 14 à 19) : inscription par arrêté du 7 septembre 1998
Personnages clés
| Nicolas de Ludre - Seigneur local |
Origine du nom « Camp d’Affrique » en 1520. |
| Jules Beaupré - Archéologue |
Fouilles (1901-1912) et classement du site. |
| Jean-Paul Lagadec - Archéologue moderne |
Fouilles de 1981 à 1988. |
Origine et histoire
Le camp d'Affrique, aussi appelé cité d'Affrique, est un oppidum gaulois daté du premier Âge du fer (vers 500 av. J.-C.), situé sur les communes de Messein et Ludres en Meurthe-et-Moselle. Implanté à 417 mètres d’altitude sur le plateau de Haye, il domine la vallée de la Moselle de 200 mètres. Le site, fouillé dès le début du XXe siècle par Jules Beaupré, puis de 1981 à 1988, révèle une occupation brève mais intense entre le Ve et le IVe siècle av. J.-C., associée à la culture de Hallstatt.
Les fouilles ont mis au jour un système défensif complexe : deux enceintes distinctes, dont une principale de 7 hectares protégée par des remparts doubles en terre et chaux, avec soubassements calcaires calcinés. Une enceinte annexe, le « Vieux marché » (1,5 ha), descend vers Ludres. Les remparts, construits avec une technique mêlant pierre, argile et chaux produite sur place, suggèrent une fortification délibérée plutôt qu’une destruction. L’habitat, concentré le long des remparts et en bordure de falaise, inclut des traces de bâtiments rectangulaires, des foyers, et des outils attestant d’activités domestiques et artisanales.
Le site jouait un rôle économique notable, lié à la métallurgie du bronze et du fer. Des ateliers de bronzier ont été identifiés, produisant des fibules et objets de parure typiques de la période hallstattienne. Bien que des scories de fer aient été trouvées, aucune preuve de bas-fourneaux ou de forge n’a été découverte, limitant l’hypothèse d’une exploitation minière majeure. Les fouilles ont aussi révélé des meules à grain, des ossements animaux (élevage dominant), et des outils liés au textile (fusaïoles, aiguilles), illustrant une communauté autarcique et spécialisée.
Le nom « Camp d’Affrique » provient d’une réinterprétation du XVIe siècle : Nicolas de Ludre, seigneur local, s’attribua en 1520 le titre de « comte d’Affrique » en référence à une colline bourguignonne homonyme d’où sa famille était originaire. Au XVIIIe siècle, le site fut à tort considéré comme un camp romain. Classé dès 1907 par Jules Beaupré parmi les « sites et monuments de caractère artistique », il est inscrit aux monuments historiques depuis 1998. Les recherches récentes soulignent son intérêt pour l’étude des oppida hallstattiens en Lorraine, marked par une occupation dense mais courte.
Les vestiges archéologiques incluent des poteries, des pointes de flèches, et des outils de mineurs celtes dans des galeries proches. L’absence de vestiges de bas-fourneaux et la rareté des traces de chasse suggèrent une économie tournée vers l’artisanat, l’agriculture (céréales) et l’élevage. Le site, avec ses remparts calcinés similaires à ceux d’autres oppida locaux (comme la Fourasse à Champigneulles), offre un exemple rare d’habitat permanent et organisé de l’Âge du fer, abandonné au IVe siècle av. J.-C. (La Tène B1).