Frise chronologique
12 300 ans avant le présent
Occupation magdalénienne
Occupation magdalénienne
12 300 ans avant le présent (≈ 300)
Campement saisonnier de chasseurs de rennes.
1964
Découverte du site
Découverte du site
1964 (≈ 1964)
Alerté par Isabelle Roux-Rath, Leroi-Gourhan commence les fouilles.
1964-1985
Fouilles dirigées par André Leroi-Gourhan
Fouilles dirigées par André Leroi-Gourhan
1964-1985 (≈ 1975)
Méthodologie révolutionnaire en archéologie préhistorique.
1er septembre 1988
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1er septembre 1988 (≈ 1988)
Protection légale du gisement archéologique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Gisement archéologique de Pincevent (cad. ZN 35) : classement par arrêté du 1er septembre 1988
Personnages clés
| André Leroi-Gourhan - Archéologue et préhistorien |
Dirigea les fouilles de 1964 à 1985. |
| Isabelle Roux-Rath - Chercheuse en paléoclimatologie |
Alerta Leroi-Gourhan sur le site. |
| Michel Brézillon - Collaborateur archéologue |
Co-auteur des premières publications sur Pincevent. |
Origine et histoire
Pincevent est un site préhistorique de plein-air situé dans la vallée de la Seine, sur la commune de La Grande-Paroisse (Seine-et-Marne, Île-de-France). Découvert en 1964 dans une sablière exploitée depuis 1926, il s’agit du plus grand gisement magdalénien fouillé en Europe, datant d’environ 12 300 ans avant le présent. Les vestiges, exceptionnellement conservés sous des limons d’inondation, révèlent un campement saisonnier de chasseurs de rennes, occupé entre septembre et novembre. Les fouilles, dirigées par André Leroi-Gourhan jusqu’en 1985, ont permis des avancées majeures dans la compréhension du Magdalénien et des méthodes archéologiques.
Le site s’étend sur au moins 1 hectare et présente des aires d’activités circulaires, interprétées comme des emplacements d’habitations démontables en peaux, similaires à des tipis. Quinze niveaux d’occupation ont été identifiés, montrant une réutilisation régulière du lieu. Les vestiges osseux indiquent que les rennes, chassés en grand nombre, étaient ramenés entiers au campement avant d’être partagés. L’absence de restes de poissons suggère que ces derniers étaient soit traités ailleurs, soit peu consommés sur place.
Pincevent a marqué l’archéologie par sa méthodologie innovante : enregistrements systématiques en 3D, remontages lithiques et osseux, et analyses spatiales. Ces techniques, perfectionnées sur place, ont permis de reconstituer la vie quotidienne des Magdaléniens, notamment leur organisation sociale et leurs compétences variées en taille de silex. Le site, classé Monument historique en 1988, reste une référence pour l’étude de la Préhistoire européenne.
La géologie locale, avec un socle crayeux recouvert de sédiments fluviatiles et de limons argileux, a favorisé la conservation des vestiges. Le site, traversé par la ligne ferroviaire Paris-Marseille, est accessible par la D606 et proche du musée départemental de Préhistoire d’Île-de-France à Nemours. Une tente paléolithique a été reconstituée au parc archéologique Asnapio, inspirée des fouilles de Pincevent.
Les environs regorgent d’autres sites préhistoriques, notamment du Néolithique moyen et de la culture de Hallstatt, témoignant d’une occupation humaine dense dans la vallée de la Seine. La découverte de Pincevent a été rendue possible grâce à l’alerte d’Isabelle Roux-Rath, une chercheuse locale, qui a contacté l’équipe d’André Leroi-Gourhan pour organiser des fouilles de sauvetage avant la destruction totale du site par l’exploitation de la sablière.