Frise chronologique
VIIe–IIe siècles av. J.-C.
Occupation du site
Occupation du site
VIIe–IIe siècles av. J.-C. (≈ 151 av. J.-C.)
Village proto-celte puis sanctuaire et oppidum.
XIXe siècle
Découverte des statues
Découverte des statues
XIXe siècle (≈ 1865)
Premières trouvailles archéologiques fortuites.
1917–1927
Fouilles du comte de Gérin-Ricard
Fouilles du comte de Gérin-Ricard
1917–1927 (≈ 1922)
Campagne révélant le sanctuaire salyen.
1967
Classement monument historique
Classement monument historique
1967 (≈ 1967)
Protection des parcelles de l'oppidum.
1989–2002
Nouvelles fouilles
Nouvelles fouilles
1989–2002 (≈ 1996)
Réinterprétation comme centre d'habitat majeur.
2023
Transfert des collections
Transfert des collections
2023 (≈ 2023)
Statues déplacées au Musée d'histoire de Marseille.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les parcelles cadastrales B 128 et 137 (1ère feuille) , contenant une partie de l'oppidum : classement par arrêté du 10 juillet 1967
Personnages clés
| Comte Henry de Gérin-Ricard - Archéologue |
Dirigea les premières fouilles (1917–1927). |
Origine et histoire
Roquepertuse, situé sur la commune de Velaux dans les Bouches-du-Rhône, est un plateau d’environ un demi-hectare surplombant la vallée de l’Arc. Occupé entre le VIIe et le IIe siècle avant notre ère, ce site abritait un important village proto-celte, puis un sanctuaire attribué aux Celto-Ligures (ou Salyens). Les premières découvertes au XIXe siècle, notamment des statues monumentales comme les « guerriers-héros assis en tailleur » ou une tête d’Hermès bicéphale, ont longtemps fait considérer Roquepertuse comme un lieu de culte majeur de la veille de la conquête romaine. Une première campagne de fouilles systématiques, menée par le comte Henry de Gérin-Ricard entre 1917 et 1927, a révélé des structures associées à ce sanctuaire, confirmant son importance religieuse et symbolique.
Les analyses récentes ont cependant nuancé cette interprétation exclusive. Les statues, initialement datées du IIe siècle av. J.-C., sont aujourd’hui estimées remontent au moins au Ve siècle av. J.-C., marquant une origine plus ancienne (fin du premier âge du fer ou début de la période laténienne). Les fouilles menées entre 1989 et 2002 ont par ailleurs mis en évidence que Roquepertuse était avant tout un centre d’habitat majeur au IIIe siècle av. J.-C., comprenant un oppidum sur le plateau et un « village de pente » au sud. Le site connut une destruction violente au IIIe siècle avant d’être abandonné définitivement au début du IIe siècle. L’usage exact des statues (culte, décoration, réemploi) reste incertain, remettant en cause la vision traditionnelle d’un sanctuaire isolé.
Classé monument historique en 1967, Roquepertuse illustre l’évolution des connaissances archéologiques sur les sociétés celto-ligures de Provence. Les principales pièces découvertes, autrefois exposées au Musée d’archéologie méditerranéenne de Marseille, ont été transférées en 2023 au Musée d’histoire de Marseille. Le site, propriété de la commune de Velaux, témoigne des dynamiques culturelles et politiques de la région avant la romanisation, entre habitats fortifiés, pratiques religieuses et échanges méditerranéens.