Frise chronologique
IIIe siècle av. J.-C. (fin Tène B2)
Premières offrandes militaires
Premières offrandes militaires
IIIe siècle av. J.-C. (fin Tène B2) (≈ 216 av. J.-C.)
Fibules et équipements associés déposés.
Ier siècle av. J.-C. (conquête romaine)
Transition des offrandes
Transition des offrandes
Ier siècle av. J.-C. (conquête romaine) (≈ 51 av. J.-C.)
Disparition des épées, apparition d’armes légères.
50–30 av. J.-C. (Tène D2b)
Couche riche en artefacts
Couche riche en artefacts
50–30 av. J.-C. (Tène D2b) (≈ 40 av. J.-C.)
702 monnaies et 234 rouelles découvertes.
Haut-Empire (Ier–IIe siècle ap. J.-C.)
Apogée des dépôts rituels
Apogée des dépôts rituels
Haut-Empire (Ier–IIe siècle ap. J.-C.) (≈ 250)
70 000 rouelles et mobilier diversifié.
1973
Découverte du site
Découverte du site
1973 (≈ 1973)
Identification du sanctuaire celtique et gallo-romain.
6 avril 1982
Protection du site
Protection du site
6 avril 1982 (≈ 1982)
Inscription aux monuments historiques par arrêté.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Site archéologique (cad. ZD 22 à 24) : inscription par arrêté du 6 avril 1982
Personnages clés
| Gérard Bataille - Archéologue |
Analyse des mobiliers métalliques du site. |
| Romain Guichon - Chercheur |
Étude des rouelles comme instruments de vote. |
Origine et histoire
Le site archéologique des Grèves, aussi appelé sanctuaire des Grèves, est un lieu de culte celtique puis gallo-romain découvert en 1973 à La Villeneuve-au-Châtelot, dans l’Aube. Situé à une douzaine de kilomètres au nord-est de Nogent-sur-Seine, il se compose d’une série d’enclos emboîtés, configuration typique des sanctuaires de cette époque. Le site a été inscrit aux monuments historiques en 1982, reconnaissant son importance patrimoniale et archéologique.
Durant la période de la Tène (Âge du fer), les fouilles ont révélé des objets militaires comme des fibules et des épées, datant du IIIe au Ier siècle av. J.-C. Ces artefacts, associés à des parures féminines, de la vaisselle et des outils, témoignent d’une évolution des pratiques rituelles, devenant plus diversifiées vers la fin de la Tène. Une couche épaisse de 80 cm, datant de 50 à 30 av. J.-C. (Tène D2b), a livré 702 monnaies et 234 rouelles de bronze, interprétées comme des offrandes ou des instruments de vote.
À l’époque gallo-romaine, le site a connu un essor remarquable avec la découverte de 70 000 rouelles métalliques, majoritairement des offrandes, ainsi que des armes, de la vaisselle et des vestiges de faune. Cette abondance de mobilier suggère une intensification des pratiques cultuelles pendant le Haut-Empire. Les objets rituels, comme les épées et fourreaux, disparaissent progressivement après la conquête romaine, laissant place à des armes de jet (javelots, flèches) et à des monnaies en métaux précieux.
Les recherches menées par des archéologues comme Gérard Bataille et Romain Guichon ont permis d’analyser ces ensembles de mobiliers métalliques, offrant des éclairages sur les pratiques religieuses et sociales dans l’Est de la Gaule. Le site est aujourd’hui protégé et étudié pour son rôle dans la compréhension des transitions culturelles entre les périodes celtique et gallo-romaine.
Les coordonnées précises du site le placent à proximité de la route D40, au nord de cette dernière, sur le territoire communal de La Villeneuve-au-Châtelot. Son état de conservation et sa richesse archéologique en font un témoignage majeur des cultes et des échanges dans cette région pendant l’Antiquité.