Origine et histoire du site archéologique
Le site archéologique du dolmen 3 de Saint-Martin-du-Larzac, situé près de Millau (Aveyron, Occitanie), fait partie d’une nécropole préhistorique composée de cinq dolmens. Ce monument funéraire, initialement construit à l’Âge du bronze ancien, a subi des transformations majeures jusqu’à l’Âge du bronze final, avant d’être réutilisé comme nécropole au Haut Moyen Âge. Aujourd’hui détruit, il fut mentionné pour la première fois en 1898 par Émile Cartailhac sous le nom de dolmen de la Salvage, puis étudié par plusieurs archéologues au XXe siècle, dont Louis Balsan (1927, 1939) et G. Costantini (1952). Les fouilles ont révélé un mobilier riche (parures, armes, céramiques) et des ossements humains, dont certains portaient des traces de trépanation ou de crémation.
Le dolmen se composait à l’origine d’une chambre trapézoïdale en dalles calcaires, orientée est-ouest, recouverte d’un tumulus de 12 à 13 mètres de diamètre. Au Bronze final, il fut intégré dans une plate-forme elliptique dallée, avec une table de couverture recouverte de lauzes et une stèle dressée à l’est. Pillé en 1937-1938 par un chasseur de trésors, le site fut partiellement détruit par son propriétaire avant les fouilles de sauvetage de 1990. Les découvertes incluent des pointes de flèches, des colliers en jais ou en os, et des fragments de bronze, attestant d’une occupation continue jusqu’au premier Âge du fer.
Au Haut Moyen Âge, le tumulus abritait une nécropole de vingt tombes en coffre, dont une sépulture monumentale contenant quatre individus. Ces tombes, orientées ouest-est comme la chambre dolménique, réutilisaient les structures préexistantes. Le dolmen n°3 a été inscrit aux Monuments Historiques en 1998, bien que son état actuel ne permette plus d’observation directe. Les collections issues des fouilles sont conservées au Musée des Antiquités nationales (poinçons, colliers) et au musée Fenaille (poignard en cuivre).
Les études révèlent une double vocation sépulcrale : d’abord comme tombe collective protohistorique, puis comme cimetière médiéval. Les ossements et le mobilier (perles, pendeloques, armes) suggèrent des pratiques funéraires complexes, incluant des crémations et des offrandes. La réutilisation du site sur plus de 2 000 ans illustre son importance symbolique pour les communautés successives, de l’Âge du bronze aux premières sociétés médiévales.