Construction du fanum de Mazeroie Entre 20 et 5 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Premier temple augustéen en matériaux légers.
Fin du Ier siècle av. J.-C.
Fondation de Nasium
Fondation de Nasium Fin du Ier siècle av. J.-C. (≈ 5 av. J.-C.)
Développement en contrebas de l’oppidum de Boviolles.
Époque tibéro-claudienne (14–54 ap. J.-C.)
Apogée architectural
Apogée architectural Époque tibéro-claudienne (14–54 ap. J.-C.) (≈ 34)
Monumentalisation et droit latin attribué aux Leuques.
IIe siècle ap. J.-C.
Mention par Ptolémée
Mention par Ptolémée IIe siècle ap. J.-C. (≈ 250)
Nasium qualifiée de « ville des Leuques ».
1862
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 1862 (≈ 1862)
Protection du site archéologique.
2004
Découverte d’une inscription gallo-latine
Découverte d’une inscription gallo-latine 2004 (≈ 2004)
Preuve de l’importance du gué sur l’Ornain.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Site archéologique (cad. B4 1605 à 1607) : inscription par arrêté du 3 mars 1994
Personnages clés
Ptolémée - Géographe grec
Cite Nasium au IIe siècle.
C.-F. Denys - Archéologue du XIXe siècle
Fouilla les thermes et temples.
Claudine Gilquin - Archéologue moderne
Dirigea les fouilles de 1969 à 1982.
Yves Burnand - Épigraphiste
Étudia les inscriptions sur le droit latin.
Origine et histoire
Le site archéologique du sanctuaire de Nasium correspond à l’ancienne capitale des Leuques, un peuple gaulois de l’Est de la France. Fondée à la fin du Ier siècle av. J.-C. près de la confluence de l’Ornain et de la Barboure, cette agglomération gallo-romaine s’étendait sur 120 hectares, rivalisant avec Metz en importance régionale. Son développement fut lié à l’oppidum celtique de Boviolles, dont elle héritera des fonctions politiques et économiques après la Conquête romaine. Les fouilles ont révélé un réseau urbain orthonormé, des temples (comme le fanum de Mazeroie, daté entre 20 et 5 av. J.-C.), et des traces d’un gué stratégique sur l’Ornain.
L’apogée de Nasium intervint sous les règnes d’Auguste et de Tibère, période durant laquelle la cité obtint probablement le droit latin, comme en témoignent des inscriptions honorifiques et des épitaphes flaviennes. Le site abritait un artisanat prospère (sculptures en pierre de Savonnières, sigillée italo-gauloise) et un commerce actif, attesté par des amphores et des monnaies variées. Au IIe siècle, Ptolémée la citait encore comme une ville majeure des Leuques, avant son déclin progressif, marqué par des modifications topographiques (creusement de canaux, déviation de l’Ornain) dès le VIIIe siècle.
Les vestiges de Nasium, répartis entre Naix-aux-Forges et Saint-Amand-sur-Ornain, incluent des thermes, un forum, et des nécropoles. Le site fut classé Monument Historique dès 1862, et la plupart des artefacts sont conservés au Musée barrois de Bar-le-Duc. Les prospections récentes (géophysique, fouilles de sauvetage) ont confirmé l’occupation pré-romaine du secteur, ainsi qu’une planification urbaine ambitieuse, alignée sur les voies romaines Reims-Toul-Metz et Naix-Langres. L’inscription gallo-latine découverte en 2004 souligne l’importance symbolique du gué, pivot des échanges régionaux.
La topographie de Nasium, en fond de vallée encadrée par des coteaux calcaires, influença son aménagement. Les couches géologiques (Jurassique supérieur) fournirent des matériaux de construction, comme la pierre de Savonnières, utilisée pour les sculptures. Le nom de la cité évolua au fil des siècles (Nasion, Nasie, Naix), reflétant les transformations politiques de la Lorraine. Aujourd’hui, le site, bien que fragmenté par des infrastructures modernes (canal de la Marne au Rhin, voie ferrée), reste un témoignage clé de la romanisation en Gaule Belgique.
Les fouilles du XIXe siècle, menées par C.-F. Denys, révélèrent des thermes et des temples, tandis que les campagnes récentes (1969–1982, 1998–2000) ont précisé l’étendue de l’agglomération (65 ha en cœur urbain). Le mobilier archéologique — monnaies leuques, céramiques sigillées, outils — atteste d’une économie diversifiée, liée à l’agriculture, à l’artisanat et au transit fluvial. Le déclin de Nasium, mal documenté, pourrait être lié à la réorganisation administrative romaine ou à des changements hydrographiques, l’Ornain ayant modifié son cours depuis l’Antiquité.
Le site de Nasium illustre la transition entre l’âge du Fer et la romanisation, avec une stratification culturelle visible : oppidum celtique, ville augustéenne planifiée, et agglomération tibéro-claudienne monumentalisée. Son classement précoce (1862) et les études continues (numismatique, épigraphie) en font un laboratoire pour comprendre les dynamiques urbaines en Gaule de l’Est. Les sources écrites (Ptolémée, Table de Peutinger) et les découvertes récentes (inscription gallo-latine) complètent ce puzzle historique, où se croisent mythes locaux et données scientifiques.
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