Site archéologique gallo-romain (également sur commune de Vallangoujard)

Site archéologique gallo-romain (également sur commune de Vallangoujard)

  • Épiais-Rhus
Propriété de l'Etat

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
300
1900
2000
Ier siècle
Début de l'usage
Fin du IIe siècle - Début du IIIe siècle
Fin de l'usage
1977
Découverte du site
25 mars 1983
Inscription monument historique
1986-1990
Travaux de consolidation
1993
Ré-enfouissement des vestiges
2019
Reprise des études
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les parcelles ZK 28, 30 et 32, lieuxdits Les Terres Noires et Le Chemin de Pontoise (commune d'Epiais-Rhus) et Y 84, lieudit La Vallée de Cresnes (commune de Vallangoujard) : classement par arrêté du 25 mars 1983

Personnages clés

Guy Le Coz Auteur d'une étude sur l'édifice de spectacle d'Épiais-Rhus.
Monique Wabont Co-auteur de la notice du Val-d'Oise dans la Carte archéologique de la Gaule.
Franck Abert Co-auteur de la notice du Val-d'Oise dans la Carte archéologique de la Gaule.
Didier Vermeersch Co-auteur de la notice du Val-d'Oise dans la Carte archéologique de la Gaule.

Origine et histoire

Le théâtre gallo-romain d'Épiais-Rhus est un édifice de spectacle situé à cheval sur les communes d'Épiais-Rhus et de Vallangoujard, dans le Val-d'Oise en Île-de-France. Sa typologie ne peut être précisée en raison de fouilles très partielles : il peut s'agir d'un théâtre, d'un édifice mixte théâtre-amphithéâtre ou d'une forme particulière. Le monument paraît avoir été en usage de la première moitié du Ier siècle après J.-C. jusqu'à la fin du IIe ou au début du IIIe siècle et présente au moins deux états distincts, avec une reconstruction intermédiaire non datée. Il a été inscrit au titre des monuments historiques le 25 mars 1983, comme d'autres éléments du vaste site archéologique dont il fait partie.

L'édifice se trouve sur le rebord du coteau occidental de la vallée de Cresnes, dans la partie extrême orientale d'une agglomération secondaire antique qui s'étendait à l'est d'Épiais-Rhus et à l'ouest de Vallangoujard, à la limite des territoires des Véliocasses, des Silvanectes, des Parisiens et des Bellovaques. Cette agglomération comprenait, parmi d'autres bâtiments identifiés, plusieurs temples, des thermes et une structure assimilable à un forum.

La présence d'un édifice de spectacles avait été supposée dès le début des années 1970 et confirmée en 1977. Des fouilles ont été menées de 1977 à 1980, puis interrompues après l'acquisition d'une partie du site par le conseil départemental du Val-d'Oise pour en assurer la préservation. Le théâtre a fait l'objet de relevés et de travaux de consolidation entre 1986 et 1990. En 1993, face à des dégradations et des actes de vandalisme, les vestiges, laissés à l'air libre, ont été ré-enfouis pour les protéger, des mesures étant prises pour permettre leur éventuelle réexhumation par des spécialistes. Les études ont repris en 2019, avec un réexamen des archives des fouilles antérieures, des prospections aériennes et au sol pour préciser la cartographie du site, et l'inventaire détaillé du mobilier déjà recueilli.

Les vestiges conservés sont très fragmentaires et n'autorisent pas une restitution complète ni une typologie sûre. Au nord subsiste un mur courbe percé d'une entrée, dont les extrémités occidentale et orientale se terminent par des maçonneries en renvoi d'équerre, sans doute destinées à soutenir la structure bâtie parallèlement aux courbes de niveau. Au sud, un autre mur, apparemment constitué de segments de droite assemblés, comporte aussi à une extrémité un dispositif de franchissement. Ces deux murs courbes pourraient correspondre à deux états différents du monument. Sous toutes réserves et dans l'hypothèse avancée par les fouilleurs, le premier état du monument aurait eu un diamètre de 74 m, réduit à 59 m après la reconstruction, laquelle aurait pu être suivie d'une réfection de la cavea.

Une douzaine de rangées de gradins, vers le haut de la cavea, ont été partiellement dégagées ; elles sont constituées de blocs de grand appareil et semblent témoigner de deux phases de construction. Une vingtaine de ces blocs portent des inscriptions, peut-être des noms de titulaires de places ; certains noms ont une consonance gauloise, d'autres sont romains, ce qui suggère des états chronologiques différents. La plupart des blocs sont des remplois successifs, si bien que leur position de découverte n'éclaire pas leur appartenance à l'une ou l'autre phase constructive. Des sondages pratiqués au sud n'ont pas mis en évidence de dispositif scénique identifiable, soit parce qu'ils n'ont pas été effectués au bon endroit, soit parce que la structure de scène était sommaire et de faible taille, une disposition fréquente dans les édifices de spectacle de la Gaule romaine.

Les principales publications récentes concernant le site comprennent l'étude de Guy Le Coz, consacrée à l'édifice de spectacle d'Épiais-Rhus, et la notice du Val-d'Oise par Monique Wabont, Franck Abert et Didier Vermeersch dans la "Carte archéologique de la Gaule".

Liens externes