Frise chronologique
Ier siècle (première moitié)
Construction initiale
Construction initiale
Ier siècle (première moitié) (≈ 150)
Péristyle et ailes résidentielles édifiés.
IIIe siècle
Transformation des thermes
Transformation des thermes
IIIe siècle (≈ 350)
Piscine bordée d’une colonnade ajoutée.
VIe siècle
Incendie et abandon
Incendie et abandon
VIe siècle (≈ 650)
Destruction partielle, fin de l’occupation antique.
XIe-XIIe siècle
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
XIe-XIIe siècle (≈ 1250)
Réutilisation par les bénédictins de Saint-Romain.
2004-2008
Fouilles récentes
Fouilles récentes
2004-2008 (≈ 2006)
Campagnes dirigées par Jérôme Marian.
2011
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2011 (≈ 2011)
Protection officielle du site archéologique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le site archéologique, en totalité, figurant au cadastre section D, sur les parcelles 103, 106, 110, 1379 et 1522, conformément au plan annexé à l'arrêté : inscription par arrêté du 13 juin 2024
Personnages clés
| Reinhold Dezeimeris - Archéologue local |
A signalé les mosaïques au XIXe siècle. |
| A. Pezat - Fouilleur des thermes |
Dirigea les fouilles de 1953 à 1955. |
| Jérôme Marian - Archéologue contemporain |
Mené cinq campagnes de fouilles (2004-2008). |
| Bernard de Ségur du Cros - Seigneur local |
Donateur du prieuré au XIIe siècle. |
Origine et histoire
La villa gallo-romaine de Loupiac, située au lieu-dit Saint-Romain, est un vestige antique d’une résidence aristocratique du Ier au VIe siècle. Le site, accessible par la Garonne, comportait des thermes (caldarium, tepidarium, frigidarium), une piscine bordée de mosaïques géométriques et végétales, ainsi qu’un péristyle. Les fouilles ont révélé six phases de construction, dont un incendie au VIe siècle marquant son abandon. Les mosaïques, étudiées dès le XIXe siècle par Reinhold Dezeimeris, attestent d’un décor luxueux, avec des motifs comme des damiers polychromes ou des tresses à trois brins.
Le site fut réinvesti entre le XIe et XIIe siècle par un prieuré bénédictin, Saint-Romain, fondé grâce à une donation de Bernard de Ségur du Cros. La chapelle romane subsistante, entourée de cellules monastiques et d’un jardin, fut plus tard transformée en bâtiment agricole. Les vestiges, protégés depuis 2011, sont aujourd’hui gérés par le Comité de Sauvegarde de la Villa Saint-Romain, qui organise des visites guidées et des ateliers pédagogiques.
Les fouilles archéologiques, menées notamment par A. Pezat (1953-1955) et Jérôme Marian (2004-2008), ont permis de dater précisément les modifications architecturales, comme l’ajout d’un complexe thermal au IIIe siècle ou le remblaiement du bassin ornemental au IVe siècle. Le mobilier découvert (enduits peints, céramiques) a confirmé l’occupation continue du site jusqu’à sa réaffectation médiévale. La villa, exemple emblématique des villae aquitaines, illustre l’adaptation des élites gallo-romaines aux influences romaines, avant sa réutilisation par les moines.
Le nom de Loupiac, dérivé d’un suffixe -acum, suggère l’appartenance à un propriétaire gallo-romain, reflétant la romanisation progressive de la région. Les thermes, avec leur système de canalisations et d’hypocaustes, témoignent d’un savoir-faire technique avancé. Aujourd’hui, la piscine antique et ses mosaïques sont protégées par un hangar, tandis que le site, propriété privée, reste accessible au public lors d’événements culturels ou sur réservation.
Les décors intérieurs, comme les enduits peints de style pompéien ou les plafonds à figures géométriques (IVe siècle), révèlent l’influence artistique romaine. Les mosaïques, réalisées entre le IVe et VIe siècle, comptent parmi les mieux conservées d’Aquitaine. Leur étude, couplée aux fouilles récentes, a permis de reconstituer l’organisation spatiale de la villa, avec ses ailes résidentielles et ses espaces de réception.
Le prieuré médiéval, dépendant de l’abbaye de la Sauve-Majeure, marqua une nouvelle phase d’occupation du site. La chapelle, unique vestige visible, présente des caractéristiques romanes, tandis que les bâtiments monastiques furent partiellement détruits au XVIIIe siècle pour laisser place à une demeure moderne. Le site, classé Monument Historique en 2011, allie ainsi patrimoine antique et médiéval, offrant un témoignage rare de la continuité historique en Entre-deux-Mers.