Frise chronologique
1248
Acquisition par la famille de Maillé
Acquisition par la famille de Maillé
1248 (≈ 1248)
Première mention du fief aux de Maillé.
vers 1560
Construction de la salle de jeu de paume
Construction de la salle de jeu de paume
vers 1560 (≈ 1560)
L’une des plus vastes de France.
1615
Élévation en marquisat
Élévation en marquisat
1615 (≈ 1615)
Par Jacqueline de Thévalle, veuve de Charles.
1650
Mort d’Urbain de Maillé
Mort d’Urbain de Maillé
1650 (≈ 1650)
Décès au château, sa résidence.
1835
Reconstruction partielle du logis
Reconstruction partielle du logis
1835 (≈ 1835)
Intègre des éléments Renaissance existants.
15 décembre 2000
Classement monument historique
Classement monument historique
15 décembre 2000 (≈ 2000)
Protection des façades, chapelle et écuries.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures de l'actuel château (16e et XIXe siècles) ; la chapelle médiévale, actuelle église paroissiale ; les écuries du XVIIe siècle ; les "galleries" avec leurs décors peints ; le mur d'enceinte, avec en particulier le portail XVIe siècle ; le terrain d'assiette de l'ensemble du site castral (cad. AK 148 (partie d'enceinte) , 149 (château, écuries et partie d'enceinte) , 150 (partie d'enceinte) , 153 (terrain d'assiette d'une partie du site castral) , 154 (partie du site castral) , 155 (chapelle) , 156 (terrain d'assiette du site castral) , 166, 250, 251 (parties des "galleries") ) : inscription par arrêté du 15 décembre 2000
Personnages clés
| Arthus de Maillé-Brézé - Gentilhomme de chambre du roi |
Initiateur des constructions Renaissance vers 1560. |
| Charles de Maillé-Brézé - Fils d’Arthus, seigneur de Milly |
Poursuit les travaux au XVIIe siècle. |
| Jacqueline de Thévalle - Veuve de Charles, marquise de Brézé |
Obtient l’élévation en marquisat en 1615. |
| Urbain de Maillé - Maréchal de France et gouverneur d’Anjou |
Réside au château jusqu’en 1650. |
| Claire-Clémence de Maillé-Brézé - Épouse du Grand Condé |
Organise des fêtes célèbres au logis. |
Origine et histoire
Le site castral de Milly-le-Meugon, situé à Gennes-Val-de-Loire (ancienne commune de Milly-le-Meugon, Maine-et-Loire), est un ensemble architectural marqué par quatre phases de construction successives. Les vestiges les plus anciens, datés du XIIIe/XIVe siècle, incluent une motte castrale, un donjon et des remparts en pierre, construits sur les fondations d’une forteresse en bois. Ces éléments féodaux, partiellement fouillés il y a une vingtaine d’années, témoignent de l’occupation médiévale du site par la famille de Maillé, propriétaire du fief depuis 1248. La motte abrite aussi des galeries troglodytiques effondrées, probablement creusées à la Renaissance.
Au XVIe siècle, Arthus de Maillé-Brézé, gentilhomme de chambre du roi, lance une campagne de constructions Renaissance vers 1560, incluant une porte en appareil vermiculé, des écuries conçues pour cent chevaux, et une salle de jeu de paume — l’une des plus vastes de France à l’époque, détruite en 1835. Son fils Charles et sa belle-fille Jacqueline de Thévalle poursuivent les travaux, obtenant en 1615 l’élévation de la seigneurie en marquisat. Le maréchal Urbain de Maillé, gouverneur d’Anjou, en fait sa résidence principale jusqu’à sa mort en 1650. Le logis actuel, partiellement reconstruit vers 1835, intègre des éléments du château Renaissance.
Le site subit de profondes transformations aux XVIIIe et XIXe siècles : la forteresse, en ruines depuis le XVIIIe, est consolidée et embellie (ajout d’une échauguette), tandis que plus de la moitié du troisième château (celui des Maillé-Brézé) disparaît, peut-être utilisé comme carrière de pierres. Malgré ces modifications, le domaine conserve des éléments remarquables comme la chapelle médiévale (devenue église paroissiale), les « galleries » du XVIe siècle aux décors peints, et les écuries du XVIIe. Classé monument historique en 2000, le site reste une propriété privée, toujours habitée.
Le château illustre l’évolution architecturale et sociale d’un fief angevin, passé d’une forteresse médiévale à une résidence seigneuriale Renaissance, puis à un domaine moderne. Son histoire reflète aussi les aléas politiques et économiques de l’Anjou, marqué par des changements fréquents de propriétaires et des adaptations aux goûts successifs, du Moyen Âge au XIXe siècle.