Frise chronologique
Fin Xe – début XIe siècle
Construction du donjon
Construction du donjon
Fin Xe – début XIe siècle (≈ 1125)
Attribué à Foulques Nerra, comte d’Anjou.
XIIe siècle
Ajout de la chapelle castrale
Ajout de la chapelle castrale
XIIe siècle (≈ 1250)
Dédiée à saint Georges, superposée à un édifice antérieur.
1425
Construction du château Renaissance
Construction du château Renaissance
1425 (≈ 1425)
Accueillera Charles VII, Louis XI et Catherine de Médicis.
1746
Démolition du château Renaissance
Démolition du château Renaissance
1746 (≈ 1746)
Pierres réutilisées pour la route d’Espagne.
1791–1793
Dégâts révolutionnaires
Dégâts révolutionnaires
1791–1793 (≈ 1792)
Effondrement partiel du donjon, rasage des crénelages.
1922–1957
Restauration par William Perry Dudley
Restauration par William Perry Dudley
1922–1957 (≈ 1940)
Consolidation du donjon, reconstruction de la tour Lilian.
2003
Ouverture au public
Ouverture au public
2003 (≈ 2003)
Après restaurations par les époux Atterton.
2012
Inscription du site entier
Inscription du site entier
2012 (≈ 2012)
Extension de la protection aux monuments historiques.
2024
Classement du site castral
Classement du site castral
2024 (≈ 2024)
Remplace l’inscription de 1926 pour le donjon.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le site castral de Montbazon en totalité (cad. B 402, 895 ; C 438, 440, 442 à 446, 979 à 984) : inscription par arrêté du 24 mai 2012 ; Les éléments bâtis et non bâtis du site castral de Montbazon, en totalité, situé rue du Château, le tout étant situé sur la parcelle n° 895 de la section B et sur les parcelles n° 438, n° 440, n° 442 à 446 et n° 979 à 984 de la section C du cadastre de la commune, tel que délimité et hachuré en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 15 mai 2024
Personnages clés
| Foulques Nerra - Comte d’Anjou (987–1040) |
Commanditaire présumé du donjon vers l’an 1000. |
| Geoffroy Martel - Fils de Foulques Nerra |
Aura rehaussé le donjon entre 1020 et 1060. |
| Charles VII - Roi de France (1422–1461) |
Séjourne au château-neuf en 1450 et 1458. |
| Louis XI - Roi de France (1461–1483) |
Réside à Montbazon en 1472 et 1480. |
| William Perry Dudley - Architecte et propriétaire (1873–1965) |
Restaure le site de 1922 aux années 1950. |
| Marie-Denise Dalayeun - Archéologue (XXe–XXIe siècle) |
Fouilles et études sur la tour maîtresse (2002–2015). |
Origine et histoire
Le site castral de Montbazon, implanté sur un promontoire rocheux surplombant l’Indre, est un ensemble défensif médiéval dont la construction débute à la fin du Xe ou au début du XIe siècle. Son donjon, attribué à Foulques Nerra, comte d’Anjou, s’inscrit dans le contexte des rivalités entre les maisons d’Anjou et de Blois pour le contrôle de la Touraine. La forteresse, stratégiquement placée sur la voie Tours-Poitiers, est progressivement renforcée par une chemise, des enceintes et des tours jusqu’au XVe siècle, reflétant son rôle militaire et seigneurial.
Au Moyen Âge, le site évolue avec l’ajout d’une chapelle castrale au XIIe siècle et d’un château Renaissance au XVe siècle, accueillant des figures comme Charles VII, Louis XI ou Catherine de Médicis. La forteresse décline à partir du XVIIe siècle : le château Renaissance, abandonné, est démoli en 1746, tandis que le donjon, partiellement effondré pendant la Révolution, échappe de justesse à la destruction. Ses pierres sont réutilisées pour consolider la route d’Espagne, et ses crénelages, symboles féodaux, sont rasés en 1793.
À partir du XIXe siècle, le site connaît plusieurs phases de restauration et de réappropriation. En 1823, un relais du télégraphe Chappe est installé au sommet du donjon, remplacé en 1853 par le télégraphe électrique. En 1866, une statue monumentale de la Vierge, financée par l’impératrice Eugénie, est érigée sur la tour, malgré les risques structurels. Le site est acquis en 1922 par l’Américain William Perry Dudley, qui entreprend d’ambitieux travaux de consolidation et de mise en valeur, incluant la reconstruction d’une tour médiévale (la « tour Lilian ») et l’aménagement d’un jardin gothique.
Les fouilles archéologiques menées depuis les années 2000, notamment par Marie-Denise Dalayeun, ont permis de préciser la chronologie du site, bien que des incertitudes persistent sur les datations absolues. Le donjon, inscrit aux monuments historiques en 1926 puis classé en 2024 avec l’ensemble du site, est aujourd’hui ouvert au public. Il reste marqué par des éboulements récurrents du promontoire, menaçant les habitations en contrebas. Les restaurations contemporaines, initiées par les époux Atterton au début des années 2000, visent à préserver ce patrimoine tout en le rendant accessible.
Le site castral se compose du donjon en pierre, haut de 28 mètres, d’un avant-corps, d’une chemise fortifiée, et de vestiges d’enceintes des XIIIe et XVe siècles. Les matériaux utilisés, comme le travertin, le tuffeau ou les silex, proviennent majoritairement de carrières locales ou de réemplois. La chapelle castrale, dédiée à saint Georges, et les souterrains, partiellement effondrés, témoignent de la complexité fonctionnelle du site. Les restaurations du XXe siècle, bien que controversées pour leur approche parfois romantique, ont permis de sauver ce monument emblématique de l’architecture militaire médiévale en Touraine.