Frise chronologique
540-530 av. J.-C.
Fabrication du cratère de Vix
Fabrication du cratère de Vix
540-530 av. J.-C. (≈ 535 av. J.-C.)
Plus grand vase en bronze antique connu.
470-460 av. J.-C.
Datation de la tombe
Datation de la tombe
470-460 av. J.-C. (≈ 465 av. J.-C.)
Période du Hallstatt final, sépulture féminine.
janvier 1953
Découverte de la tombe
Découverte de la tombe
janvier 1953 (≈ 1953)
Par Maurice Moisson et René Joffroy.
2002
Nouveaux projets de fouilles
Nouveaux projets de fouilles
2002 (≈ 2002)
Lancés par le CNRS et l’INRAP.
2006 et 2011
Protection du site
Protection du site
2006 et 2011 (≈ 2011)
Inscription et classement Monument Historique.
20 août 2019
Reprise des fouilles
Reprise des fouilles
20 août 2019 (≈ 2019)
Menées par l’INRAP pour contextualiser le site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La tombe princière de Vix et son site, tels que teintés en jaune sur le plan annexé à l'arrêté, situés au lieu-dit Les Lochères, sur les parcelles cadastrales n° ZB 31 et ZB 32
Personnages clés
| Maurice Moisson - Découvreur du site |
Chef de chantier en 1953. |
| René Joffroy - Archéologue autodidacte |
Dirigea les fouilles initiales. |
| Dominique Garcia - Président de l’INRAP |
Initiateur des fouilles de 2019. |
| La « princesse de Vix » - Défunte de la sépulture |
Femme d’une trentaine d’années. |
Origine et histoire
La tombe de Vix est une sépulture à char princière datant du Hallstatt final (470-460 av. J.-C.), située dans le département de la Côte-d'Or, en Bourgogne-Franche-Comté. Découverte en 1953 par Maurice Moisson et fouillée par René Joffroy, elle appartenait à une femme d’une trentaine d’années, surnommée la « princesse de Vix ». Son mobilier funéraire, d’une richesse exceptionnelle, inclut un torque en or, un cratère grec en bronze de 1,64 m de haut, et des bijoux en bronze et ambre, révélant des échanges culturels et commerciaux entre Celtes, Grecs et Étrusques.
Le site est associé à l’oppidum du mont Lassois, une butte stratégique dominant la vallée de la Seine, occupée dès le Néolithique. Ce lieu contrôlait un axe majeur de commerce de l’étain entre la Grande-Bretagne et l’Italie, permettant aux Lingons, peuple gaulois local, de prélever des taxes et d’accumuler des richesses. La tombe, creusée dans un caveau de 4 m de côté et recouverte d’un tumulus de 38 m de diamètre, illustre le prestige de l’aristocratie celtique de l’époque.
Le cratère de Vix, pièce maîtresse du trésor, est le plus grand vase en bronze antique connu, décoré de frises représentant des hoplites grecs. Fabriqué en Italie du Sud vers 540-530 av. J.-C., il témoigne des liens entre les élites celtes et le monde méditerranéen. D’autres objets, comme une phiale en argent, des fibules en or et ambre, et des céramiques grecques, confirment l’importance des échanges culturels et artisanaux à cette période.
En 2002, de nouvelles fouilles ont été lancées pour contextualiser la tombe et explorer son environnement, révélant des fragments manquants du cratère et des traces d’un possible podium funéraire. Le site, classé Monument Historique en 2006 et 2011, est aujourd’hui étudié dans le cadre d’un projet collectif de recherche mené par le CNRS et l’INRAP, visant à comprendre l’organisation du complexe aristocratique du mont Lassois.
Proche de Vix, d’autres découvertes archéologiques, comme l’enclos des Herbues avec ses statues en pierre représentant des figures portant des torques, ou les tumulus voisins, renforcent l’importance de ce territoire à l’âge du Fer. Ces éléments, exposés au musée du Pays châtillonnais, illustrent la puissance des principautés celtiques et leur intégration dans les réseaux commerciaux européens.
La tombe de Vix, avec ses similitudes avec d’autres sépultures princières comme celles de Hochdorf (Allemagne) ou de Ca’ Morta (Italie), offre un éclairage unique sur les sociétés celtiques du premier âge du Fer. Son étude continue de nourrir les débats sur le rôle des femmes dans ces élites, souvent qualifiées de « matriarcales », et sur les dynamiques politiques et économiques de l’Europe protohistorique.