Frise chronologique
Vers 3500 av. J.-C.
Premiers habitats néolithiques
Premiers habitats néolithiques
Vers 3500 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Traces près de la colline de La Garde.
VIIᵉ siècle av. J.-C.
Sanctuaire celtique des Santons
Sanctuaire celtique des Santons
VIIᵉ siècle av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Fondation sur le site du Fâ.
58 av. J.-C.
Conquête romaine
Conquête romaine
58 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Intégration à la province d’Aquitaine.
1937–1939
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1937–1939 (≈ 1938)
Protection des vestiges gallo-romains.
1975
Photographies aériennes de Dassié
Photographies aériennes de Dassié
1975 (≈ 1975)
Révélation de l’étendue du site.
1994–2017
Fouilles systématiques
Fouilles systématiques
1994–2017 (≈ 2006)
Dégagement du temple, thermes et théâtre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Parcelles de terrain contenant des vestiges gallo-romains, à l'exclusion des bâtiments modernes construits sur la parcelle 675, devenue 938, 939, 941, 1440 à 1443 (cad. A 674, 938, 939, 941, 1440 à 1443) : classement par arrêté du 3 septembre 1937 ; Parcelle de terrain contenant des vestiges gallo-romains (cad. A 677, 678) : classement par arrêté du 1er août 1939
Personnages clés
| Jacques Dassié - Archéologue et photographe aérien |
A révélé l’étendue du site en 1975. |
| Pierre Aupert - Directeur de recherche au CNRS |
Fouilles du sanctuaire du Fâ (1994). |
| Alain Bouet - Spécialiste des thermes gallo-romains |
Dirigea les fouilles des thermes (1998–2004). |
| Karine Robin - Archéologue |
Fouilles des céramiques gauloises (1996–2002). |
| Claude Masse - Ingénieur royal (XVIIᵉ–XVIIIᵉ s.) |
Premières mentions des ruines antiques. |
| Auguste Lacurie - Abbé et archéologue (XIXᵉ s.) |
Hypothèse de Novioregum en 1844. |
Origine et histoire
Le site gallo-romain de Barzan, en Charente-Maritime, est une ancienne cité portuaire d’importance majeure, identifiée comme Novioregum dans l’Itinéraire d’Antonin. Fouillé depuis 1994, il révèle une ville de 140 hectares, dotée de monuments emblématiques : un temple circulaire monumental (IIe siècle), des thermes parmi les plus grands de Gaule, un théâtre de 81 m de diamètre, un forum, des entrepôts (horrea) et un réseau viaire structuré. Son apogée, sous les Antonins, en fait un hub commercial stratégique entre la Méditerranée et les Îles Britanniques, grâce à son port fluvial sur la Gironde.
Les origines du site remontent au Néolithique (vers 3500 av. J.-C.), avec des traces d’habitats et de nécropoles près de la colline de La Garde. Les Santons, peuple gaulois, y établissent un sanctuaire celtique vers le VIIe siècle av. J.-C., avant que Rome ne transforme l’agglomération en emporium après la conquête (58 av. J.-C.). La ville décline à partir du IIIe siècle, peut-être en raison de l’envasement du port, puis est abandonnée au Moyen Âge, ses pierres réutilisées pour des constructions locales.
Redécouvert au XIXe siècle, le site est classé Monument Historique en 1937 et 1939. Les fouilles aériennes de Jacques Dassié (1975) révèlent son étendue réelle, tandis que les campagnes récentes (1994–2017) exhument le temple du Fâ, les thermes, et le théâtre. Un musée ouvert en 2005 présente les artefacts, dont des céramiques grecques et hispaniques (Ve siècle av. J.-C.), attestant de son rôle précoce dans les échanges méditerranéens.
Le temple du Fâ, cœur religieux de la cité, combine une cella ronde de 20,80 m et une colonnade de 16 m de haut, similaire aux fana de Périgueux ou Vendeuvre-du-Poitou. Les thermes, alimentés par un puits de 16 m de profondeur, et les horrea soulignent son statut de ville marchande. Le théâtre, capable d’accueillir 5 000 spectateurs, rivalise avec ceux d’Orange ou Autun. L’aqueduc, partiellement exploré, pose encore des questions sur l’approvisionnement en eau.
L’urbanisme romain s’organise autour d’un decumanus monumental (10 m de large), reliant le port au sanctuaire. Le forum, identifié près du lieu-dit Le Trésor, abrite une statue de Cupidon. Le port, non fouillé, était un carrefour pour l’étain britannique et les produits méditerranéens. Des occupations mérovingiennes et carolingiennes (fonds de cabanes, silos) attestent d’une réutilisation tardo-antique du site.
Les voies romaines, comme celle reliant Bordeaux à Saintes via Novioregum, confirment son intégration aux réseaux régionaux. L’Itinéraire d’Antonin la situe à 12 lieues de Tamnum (Consac) et 15 de Saintes. Son déclin coïncide avec l’ensablement des golfes saintongeais (Seudre, Saintonge), un phénomène affectant aussi Brouage au XVIIe siècle. Aujourd’hui, le site, propriété de la commune, est géré par l’association ASSA Barzan.
Devenir actuel
Un nouveau musée a ouvert ses portes en décembre 2005 dans l'ancienne ferme du Moulin du Fâ. Il présente des vestiges issus des campagnes de fouilles les plus récentes, des reconstitutions, une maquette au 1/10° de la ville gallo-romaine et une borne interactive permettant une visite virtuelle de la cité antique.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Période d'ouverture : Horaires, jours et tarifs sur le site du musée ci-dessus.