Fondation de la manufacture 1835 (≈ 1835)
Création par Claude-Joseph Bonnet entre Lyon et Genève.
1855
Implantation à Jujurieux
Implantation à Jujurieux 1855 (≈ 1855)
Usine-pensionnat intégrant production et vie communautaire.
1867
Mort de Claude-Joseph Bonnet
Mort de Claude-Joseph Bonnet 1867 (≈ 1867)
Reprise par ses petits-fils, Antoine Richard et Cyril Cottin.
1888
Incendie destructeur
Incendie destructeur 1888 (≈ 1888)
Première chapelle et bâtiments détruits, puis reconstruits.
1923
Mouvement social interne
Mouvement social interne 1923 (≈ 1923)
Premier conflit majeur initié par les ouvrières.
2001
Fermeture définitive
Fermeture définitive 2001 (≈ 2001)
Fin de l’activité industrielle après 166 ans.
2003
Classement monumental
Classement monumental 2003 (≈ 2003)
Inscription partielle aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
En totalité, les bâtiments dits tissage 1, la forge, un four, la lingerie, l'infirmerie (à l'exception des aménagements extérieurs ou intérieurs modernes) , ainsi que la chapelle (cad. AD 504, 525, 524, 521, 52) : inscription par arrêté du 31 janvier 2003
Personnages clés
Claude-Joseph Bonnet - Fondateur et industriel
Créa la manufacture en 1835 et l’usine-pensionnat en 1855.
Antoine Richard - Petit-fils et repreneur
Dirigea l’entreprise après 1867 avec Cyril Cottin.
Cyril Cottin - Petit-fils et repreneur
Assura la continuité de la filature aux côtés d’Antoine Richard.
Sainte-Marie Perrin - Architecte
Reconstruisit la chapelle après l’incendie de 1888.
Origine et histoire
Les établissements C.J. Bonnet, fondés en 1835 par Claude-Joseph Bonnet à Jujurieux, étaient une manufacture de soie innovante entre Lyon et Genève. En 1855, Bonnet y implante une usine-pensionnat intégrant production textile et vie communautaire, employant jusqu’à 1 200 personnes sur place. L’entreprise, pionnière dans l’organisation du travail, combinait ateliers mécaniques, pensionnat féminin encadré par des religieuses, et infrastructures autonomes (chapelle, infirmerie, forge). Son modèle social, marqué par une discipline stricte et une main-d’œuvre majoritairement féminine, reflétait les valeurs industrielles et religieuses de l’époque.
La manufacture connut son apogée jusqu’à la mort de Bonnet en 1867, avant d’être reprise par ses petits-fils, Antoine Richard et Cyril Cottin. Jusque dans les années 1880, les étoffes étaient tissées à bras, d’abord par les canuts lyonnais, puis dans des ateliers domestiques autour de Jujurieux. Un incendie en 1888 détruisit la première chapelle et une partie des bâtiments, reconstruit ensuite avec une nouvelle chapelle conçue par l’architecte Sainte-Marie Perrin. L’usine adopta progressivement le tissage mécanique (dès 1883) et résista aux crises du XXe siècle en se spécialisant dans les textiles de luxe pour des maisons comme Dior ou Chanel.
L’activité cessa définitivement en 2001, après 166 ans d’existence. Le site, racheté par le conseil départemental de l’Ain et la communauté de communes, devint un musée en 2003, avec une partie des bâtiments classée aux monuments historiques. Son organisation fonctionnelle et son modèle social auraient inspiré d’autres sites industriels, comme la filature de soie de Tomioka (Japon), classée à l’UNESCO. Aujourd’hui, le musée des Soieries Bonnet témoigne de ce patrimoine industriel exceptionnel, mêlant innovation technique, histoire ouvrière et héritage architectural.
La vie des ouvrières, majoritairement jeunes filles, était rythmée par un règlement strict : messe obligatoire le dimanche, surveillance constante par les sœurs de Saint-Joseph, et formation intellectuelle et morale. Leur rémunération était faible, mais les conflits sociaux restèrent rares jusqu’au premier mouvement de 1896, attribué à des influences externes. À son apogée, avant la Seconde Guerre mondiale, l’usine comptait 1 200 ouvriers, dont 550 pensionnaires logées sur place. Le site, conçu pour être autarcique, incluait même des bassins d’eau, une lingerie, et une statue de la Vierge Marie (1862) symbolisant la protection divine sur l’établissement.
L’architecture des Soieries Bonnet reflète son évolution : hauts bâtiments rectangulaires (1835–1860), ateliers de tissage mécanique ajoutés en 1882, et générateurs à vapeur dès 1880. La forge, desservie par un tramway, et la cheminée emblématique complétaient ce complexe industriel. Après 2001, la protection au titre des monuments historiques (2003) a préservé des éléments clés comme le tissage 1, la chapelle, ou l’infirmerie. Le musée actuel met en valeur ce patrimoine, depuis les étouffoirs à cocons jusqu’aux métiers à tisser, en passant par les archives des commandes prestigieuses (Lanvin, Valentino, etc.).
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