Frise chronologique
vers 575 av. J.-C.
Fondation de l'oppidum
Fondation de l'oppidum
vers 575 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Construction du premier rempart défensif.
VIᵉ siècle av. J.-C.
Apogée architectural
Apogée architectural
VIᵉ siècle av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Habitations et rempart en tuf consolidés.
milieu IVᵉ - début IIᵉ s. av. J.-C.
Déclin relatif
Déclin relatif
milieu IVᵉ - début IIᵉ s. av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Occupation réduite mais non abandonnée.
vers 150 av. J.-C.
Reprise économique
Reprise économique
vers 150 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Nouveaux travaux et échanges accrus.
fin IIᵉ siècle av. J.-C.
Abandon définitif
Abandon définitif
fin IIᵉ siècle av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Site déserté avant la romanisation.
23 août 1990
Protection officielle
Protection officielle
23 août 1990 (≈ 1990)
Inscription aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Sol des parcelles contenant les vestiges de l'oppidum des Baou et terrains extérieurs au rempart pouvant offrir des traces archéologiques à Saint-Marcel (cad. D 19, 20 ; E 3) : inscription par arrêté du 23 août 1990
Personnages clés
| Henry de Gérin-Ricard - Archéologue |
Premières fouilles en 1930. |
| Paul Agostini - Chercheur |
Études approfondies (1964-1972). |
| Guy Rayssiguier - Archéologue |
Fouilles récentes et réinterprétation. |
| Christiane Guichard - Archéologue |
Collaboration aux recherches modernes. |
| François Villard - Historien |
Hypothèse massaliote contestée. |
Origine et histoire
L’oppidum des Baou de Saint-Marcel est un habitat celto-ligure fortifié, fondé au premier quart du VIe siècle av. J.-C. et abandonné vers la fin du IIe siècle av. J.-C. Implanté sur un plateau tufier à 167 m d’altitude dans le 11e arrondissement de Marseille, il s’étend sur 3 hectares, protégé naturellement par une falaise à l’ouest et par un rempart en pierre construit dès 575 av. J.-C. Ce système défensif, remanié jusqu’au IVe siècle av. J.-C., inclut une courtine et une tour ovoïde, typiques des techniques locales combinant moellons de tuf et argile.
Le site révèle une occupation continue, marquée par des habitations modestes (12 m2 en moyenne) et une activité économique liée aux échanges méditerranéens. Les fouilles, initiées en 1930 par Henry de Gérin-Ricard puis approfondies entre 1964 et 1972 par Paul Agostini, ont mis au jour des céramiques locales (urnes, coupes) et importées (grècques, étrusques, puis attiques et campaniennes). Ces artefacts suggèrent des liens commerciaux intenses, bien que l’hypothèse d’un contrôle massaliote soit aujourd’hui nuancée.
Entre le milieu du IVe et le début du IIe siècle av. J.-C., l’oppidum connaît un déclin relatif avant une reprise architecturale vers 150 av. J.-C. Son abandon définitif, vers la fin du IIe siècle av. J.-C., coïncide avec l’expansion romaine en Gaule. Les vestiges et les sols environnants, potentiellement riches en traces archéologiques, sont protégés depuis 1990 au titre des monuments historiques.
Les recherches récentes, menées notamment par Guy Rayssiguier et Christiane Guichard, ont invalidé la théorie de François Villard selon laquelle le site serait un avant-poste militaire marseillais. Les données archéologiques confirment plutôt un village indigène autonome, en interaction étroite mais non subordonnée avec Massalia (Marseille antique).