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Source du Lison à Nans-Sous-Sainte-Anne dans le Doubs

Sites - Attractions Gorge et cascade

Source du Lison à Nans-Sous-Sainte-Anne

    Fond Lison
    25330 Nans-Sous-Sainte-Anne
Source du Lison à Nans-Sous-Sainte-Anne
Source du Lison à Nans-Sous-Sainte-Anne
Source du Lison à Nans-Sous-Sainte-Anne
Source du Lison à Nans-Sous-Sainte-Anne

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1899
Projet de captage contesté
21 avril 1906
Loi Beauquier
2 mai 1912
Classement du site
février 1999
Crue décennale
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Charles Beauquier - Député du Doubs Porteur de la loi de 1906 pour protéger la source.
Gustave Courbet - Peintre réaliste A immortalisé la source en 1864 (*La Source du Lison*).

Origine et histoire

La source du Lison, située à Nans-sous-Sainte-Anne dans le département du Doubs, est une exsurgence majeure issue des calcaires du Jurassique moyen. Alimentée par un vaste réseau karstique (114 km2) incluant gouffres et fissures, elle draine notamment les eaux du ruisseau de Château-Renaud, dont le cours souterrain est visible au Creux Billard, 200 mètres en amont. Son débit interannuel moyen de 5,35 m3/s en fait l’une des résurgences les plus puissantes de Franche-Comté, avec des crues pouvant atteindre 100 m3/s. Lors d’épisodes pluvieux intenses, le surplus s’évacue par la grotte Sarrazine, formant le ruisseau temporaire du Bief Sarrazin, premier affluent du Lison.

En 1899, un projet de captage de la source pour alimenter un moulin menace de supprimer sa cascade emblématique. Les habitants de Nans-sous-Sainte-Anne, soutenus par le député Charles Beauquier, engagent un combat juridique victorieux en 1902. Pour pérenniser cette protection, Beauquier fait voter le 21 avril 1906 la première loi française sur la préservation des sites pittoresques, dite loi Beauquier. La source est officiellement classée le 2 mai 1912, devenant un symbole de la conservation du patrimoine naturel. Son contexte karstique unique, avec ses nassis (barrages naturels de travertin) et ses pertes hydriques, en fait aussi un laboratoire géologique et écologique.

Le Lison, long de 25,37 km, traverse des gorges spectaculaires avant de se jeter dans la Loue à Châtillon-sur-Lison. Son bassin versant, riche en biodiversité, abrite des espèces protégées comme le Grand rhinolophe ou le Damier de la succise, justifiant son classement en réseau Natura 2000. Le site attire aussi pour son patrimoine historique : vestiges gaulois d’Alaise, belvédères sur les gorges, et taillanderie alimentée par l’Arcange, un affluent. La rivière, peinte par Gustave Courbet en 1864 (La Source du Lison), inspire encore aujourd’hui, comme en témoigne le téléfilm Le Repaire de la vouivre (2010) tourné sur place.

La source joue un rôle clé dans l’histoire environnementale française, mais aussi dans les activités locales : pêche sportive, spéléologie (grottes comme la Sarrazine), et randonnée via le GR 590. Son débit abondant (lame d’eau de 1 074 mm/an) en fait une ressource hydrologique majeure, bien que soumise à des variations saisonnières marquées. Les crues, comme celle de février 1999 (85,4 m3/s), rappellent la puissance de ce système karstique, tandis que son débit d’étiage (0,300 m3/s) souligne sa vulnérabilité lors des sécheresses quinquennales.

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