Frise chronologique
1912
Recouvrement de la Bièvre
Recouvrement de la Bièvre
1912 (≈ 1912)
Assainissement du quartier insalubre.
1934
Cession du terrain par l'État
Cession du terrain par l'État
1934 (≈ 1934)
Terrain des jardins ouvriers cédé à Paris.
1936-1938
Aménagement par Jean-Charles Moreux
Aménagement par Jean-Charles Moreux
1936-1938 (≈ 1937)
Création du square en style néoclassique.
12 juin 1938
Inauguration du square
Inauguration du square
12 juin 1938 (≈ 1938)
Ouverture au public sous son nom initial.
7 mars 1942
Fusillade de René Le Gall
Fusillade de René Le Gall
7 mars 1942 (≈ 1942)
Hommage posthume au conseiller municipal.
8 avril 1997
Classement monument historique
Classement monument historique
8 avril 1997 (≈ 1997)
Protection du square et de ses décors.
2011
Création du jardin partagé
Création du jardin partagé
2011 (≈ 2011)
Gestion associative et charte municipale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Square (cad. ER 0002) : inscription par arrêté du 8 avril 1997
Personnages clés
| René Le Gall - Conseiller municipal communiste |
Fusillé en 1942, donne son nom au square. |
| Jean-Charles Moreux - Architecte paysagiste |
Conçoit le square entre 1936 et 1938. |
| Maurice Garnier - Sculpteur |
Auteur des décors rocaille et obélisque. |
Origine et histoire
Le square René-Le Gall, aussi appelé jardin des Gobelins, est un vaste espace vert de 32 213 m2 situé dans le 13e arrondissement de Paris, dans le quartier de Croulebarbe. Aménagé entre 1936 et 1938 par l’architecte Jean-Charles Moreux, il remplace l’ancienne île aux Singes, délimitée par deux bras de la Bièvre, aujourd’hui disparus. Ce terrain, autrefois insalubre et occupé par des tanneries, des guinguettes et des jardins ouvriers liés à la manufacture des Gobelins, fut assaini après le recouvrement de la rivière en 1912. Le square fut inauguré en 1938 sous une forme néoclassique, avec des allées de peupliers (remplacés plus tard par des charmes) et des décors en rocaille signés par le sculpteur Maurice Garnier.
Le nom du square rend hommage à René Le Gall, conseiller municipal communiste du 13e arrondissement, arrêté en 1939 par la police française, puis fusillé en 1942 par les autorités nazies en représailles à des attentats. Le jardin s’est agrandi en 1981 et 1993, intégrant un ruisseau artificiel évoquant l’ancienne Bièvre, et accueille depuis 2011 un jardin partagé géré par une association locale. Classé aux monuments historiques en 1997, il abrite aussi un marronnier d’Inde remarquable, planté en 1893-1894, et propose des équipements variés : aires de jeux, terrains sportifs, et espaces de détente.
Le square se divise en trois parties : un jardin régulier, un « sous-bois » en bosquets (peuplé de sycomores, frênes et cèdres bleus), et un espace sportif. Son obélisque entouré de treillages et de décors rocaille représentant les quatre saisons et des oiseaux, œuvre de Maurice Garnier, en fait un exemple marquant du patrimoine paysager parisien du XXe siècle. Labellisé Écojardin, il allie histoire industrielle, mémoire de la Résistance et fonction écologique, tout en restant un lieu de vie quotidienne pour les habitants du quartier.
À l’origine, l’île aux Singes était un quartier populaire et animé, où cohabitaient les ouvriers flamands de la manufacture des Gobelins, les tanneurs travaillant sur les bords de la Bièvre, et les clients des guinguettes. Le nom de l’île pourrait provenir des singes laissés en liberté par des bateleurs divertissant la clientèle, ou d’une expression argotique désignant les patrons. Après l’assainissement du site dans les années 1930, le square devint un symbole de modernisation urbaine, mêlant héritage artisanal et innovation paysagère.
Le square est desservi par les stations de métro Corvisart (ligne 6) et Les Gobelins (ligne 7), et s’ouvre sur plusieurs places et rues, dont la place en Hommage-aux-Femmes-Victimes-de-Violences. Ses entrées accessibles aux personnes à mobilité réduite (rue des Cordelières et rue Corvisart) reflètent une volonté d’inclusion. Depuis sa rénovation en 2011, il combine patrimoine historique, biodiversité (avec son label Écojardin) et services publics, comme un relai bébé ou une buvette.