Frise chronologique
30 septembre 1870
Évasion de Gaston Tissandier
Évasion de Gaston Tissandier
30 septembre 1870 (≈ 1870)
Fuite en ballon *Céleste* depuis l’usine.
1835-1927
Usine à gaz de Vaugirard
Usine à gaz de Vaugirard
1835-1927 (≈ 1881)
Site industriel actif avant reconversion.
1930-1933
Création du square
Création du square
1930-1933 (≈ 1932)
Projet de Georges Sébille, style Art déco.
27 juillet 1959
Naissance des « blousons noirs »
Naissance des « blousons noirs »
27 juillet 1959 (≈ 1959)
Affrontements médiatisés dans le square.
10 avril 1997
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
10 avril 1997 (≈ 1997)
Protection officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Square (cad. 15 : 01 BW 5) : inscription par arrêté du 10 avril 1997
Personnages clés
| Georges Sébille - Architecte et urbaniste |
Concepteur du square (1930-1933). |
| Gaston Tissandier - Aéronaute |
S’évade en ballon depuis l’usine (1870). |
| Victor Peter - Sculpteur |
Auteur de *Deux oursons* (1928). |
| René Paris - Sculpteur |
Créateur de *Chien-loup* (1928). |
| Claude Aveline - Écrivain |
Habita près du square (années 1950). |
Origine et histoire
Le square Saint-Lambert est un espace vert du 15e arrondissement de Paris, situé entre les rues Jean-Formigé, Théophraste-Renaudot, du Docteur-Jacquemaire-Clemenceau et Léon-Lhermitte. Il occupe l’emplacement d’une ancienne usine à gaz de Vaugirard, active de 1835 à 1927, où eut lieu en 1870 l’évasion en ballon de Gaston Tissandier. Ce site industriel, désaffecté en 1927, fut reconverti en jardin public dans les années 1930, reflétant les idées hygiénistes de l’époque et la volonté de créer des espaces aérés dans les quartiers densément urbanisés.
Le square fut conçu par l’architecte Georges Sébille entre 1930 et 1933, dans un style Art déco tardif caractéristique des années 1930, entouré d’immeubles résidentiels de la même période. Il devint un lieu emblématique de la vie locale, marqué en 1959 par l’émergence médiatique des « blousons noirs », après des affrontements entre bandes d’adolescents rapportés par France-Soir. Le square, inscrit aux monuments historiques en 1997 et labellisé Patrimoine du XXe siècle, allie aujourd’hui équipements ludiques (théâtre de Guignol, manège, bassin), œuvres d’art (sculptures de Victor Peter et René Paris) et une végétation diversifiée.
L’origine de son nom rend hommage à l’église Saint-Lambert de Vaugirard, elle-même dédiée à Lambert de Maastricht (636-705), évêque franc. Le square, très fréquenté grâce à sa proximité avec le lycée Camille-Sée et ses habitations environnantes, a aussi servi de décor à des œuvres cinématographiques comme L.627 (1992) ou la série Bref (Canal+). Son aménagement reflète une double ambition : préserver la mémoire industrielle du quartier tout en offrant un cadre de vie moderne aux Parisiens.
Les équipements du square incluent des aires de jeux, des tables de ping-pong, un Wi-Fi public, et des espaces accessibles (bancs, terrasses), bien que l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite reste partielle. Parmi ses particularités, on note des essences d’arbres variées (peupliers, acacias, cédrelas, pin Griffith) et des sculptures comme Deux oursons (1928) de Victor Peter ou Chien-loup de René Paris. Le square illustre ainsi la transition entre l’ère industrielle et les politiques urbaines du XXe siècle, mêlant patrimoine, culture et vie sociale.