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Station de potiers gallo-romains à La Villeneuve-au-Châtelot dans l'Aube

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Atelier de potier

Station de potiers gallo-romains à La Villeneuve-au-Châtelot

    Le Moulinois
    10400 La Villeneuve-au-Châtelot
Propriété privée

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
XIXe siècle
Époque contemporaine
500 av. J.-C.
400 av. J.-C.
0
100
400
500
1900
2000
Début du règne d'Auguste (27 av. J.-C.)
Début de la production
Époque flavienne (69-96 ap. J.-C.)
Changement de production
IIIe-IVe siècles
Abandon du site
23 septembre 1937
Classement monument historique
1936-1984
Fouilles archéologiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Station de potiers gallo-romains (cad. B 322 à 325) : classement par arrêté du 23 septembre 1937

Personnages clés

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Origine et histoire

La station de potiers gallo-romains de La Villeneuve-au-Châtelot, classée monument historique en 1937, est un site archéologique majeur du sud-ouest champenois. Situé dans le département de l’Aube, à proximité de la Seine et des carrières d’argile de l’Île-de-France, il s’étend sur environ un hectare de part et d’autre d’une voie romaine. Ce positionnement stratégique, combinant ressources naturelles (argile, bois, eau) et axes de communication (route, fleuve), explique son importance entre le règne d’Auguste et l’époque flavienne.

Le site, fouillé entre 1936 et 1984, révèle 18 fours de potiers, des fossés de drainage, une fosse de décantation d’argile, des aires de séchage présumées, et 12 puits atteignant la nappe phréatique. Les ratés de cuisson, utilisés comme remblais, ont livré un abondant matériel archéologique, incluant des vases complets. La production, initialement en terra nigra (céramique gallo-belge), évolue vers une céramique grise rugueuse à partir de l’époque flavienne, avec des formes variées (plats, marmites, lampes) et des décors au peigne.

Les céramiques de La Villeneuve-au-Châtelot, diffusées localement (notamment à Troyes, capitale des Tricasses, et Reims, capitale de la Gaule belgique), témoignent d’une activité intense aux Ier et IIe siècles. Le déclin du site intervient aux IIIe et IVe siècles, sans que les causes en soient précisées. L’atelier illustre l’artisanat spécialisé et les réseaux commerciaux de la Gaule romaine, en exploitant des matières premières locales et des voies de transport fluviales et terrestres.

L’organisation du site suggère une division du travail : extraction et préparation de l’argile (fosse de décantation), façonnage (aires de séchage), cuisson (fours), et stockage (hangars, caves maçonnées). La présence de puits nombreux indique une gestion hydraulique sophistiquée, essentielle pour le travail de l’argile et les besoins domestiques. Ces aménagements reflètent une planification collective, caractéristique des ateliers gallo-romains de grande envergure.

Le classement au titre des monuments historiques en 1937 souligne la valeur patrimoniale du site, reconnu comme le plus important atelier de potiers du sud-ouest champenois en 2003. Son étude éclaire les techniques céramiques gallo-romaines, leur évolution stylistique limitée, et leur intégration dans les économies régionales. Les vestiges, bien que partiellement conservés, offrent un témoignage matériel rare des activités artisanales en Gaule lyonnaise et belgique.

Liens externes