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Station romaine de Rubricaire à Sainte-Gemmes-le-Robert en Mayenne

Patrimoine classé
Vestiges Gallo-romain
Camp romain

Station romaine de Rubricaire à Sainte-Gemmes-le-Robert

    Les Buttes
    53600 Sainte-Gemmes-le-Robert
Propriété du département
Station romaine de Rubricaire à Sainte-Gemmes-le-Robert
Station romaine de Rubricaire à Sainte-Gemmes-le-Robert
Crédit photo : Pascal Radigue - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
300
900
1000
1800
1900
2000
Ier siècle
Fondation de Rubricaire
IIe siècle
Mention sur la Table de Peutinger
VIe–IXe siècles
Villa épiscopale Rupiacus
1834
Démolition partielle
1903
Fouilles de l’abbé Angot
18 août 1917
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Camp gallo-romain et balneum de Rubricaire : classement par arrêté du 18 août 1917

Personnages clés

Abbé Angot - Historien et archéologue Fouilles et identification de Rubricaire en 1903.
Antoine Margerie - Curé de Sainte-Gemmes (1755–1776) Premières descriptions du « Château Rubricaire ».
André René Le Paige - Chanoine et historien Auteur du *Dictionnaire du Maine*, cité par Margerie.
Saint Hadouin - Évêque du Mans (VIIe siècle) Fonde l’abbaye d’Évron sur Rupiacus.
Gontier - Évêque du Mans (IXe siècle) Se réfugie à Rochard en 892.
Charlemagne - Empereur carolingien Restitue Rupiacus à l’évêché (771–802).

Origine et histoire

La station romaine de Rubricaire, située à Sainte-Gemmes-le-Robert (Mayenne), est un site archéologique majeur du Ier siècle, lié à la période du Haut-Empire gallo-romain. Ce poste militaire, aussi appelé « Château de Rubricaire », était positionné sur la voie romaine reliant Jublains (capitale des Aulerci Diablintes) au Mans. Il comprenait un camp retranché, des thermes (balneum), des habitations et des dépendances agricoles, protégeant la voie et les établissements environnants. Les vestiges, dont deux murs parallèles et des fondations, révèlent une enceinte fortifiée avec des traces d’hypocaustes et des systèmes hydrauliques alimentés par des sources voisines.

Les fouilles, initiées dès le XVIIIe siècle par des érudits locaux comme l’abbé Angot et le curé Margerie, ont permis de confirmer l’origine romaine du site. En 1903, l’abbé Angot exhume les thermes, révélant des salles de bains froids, une étuve et des hypocaustes intacts, ainsi que des conduits d’eau en parfait état. Le site est classé Monument Historique en 1917 pour son camp et son balneum. Les recherches ont aussi mis en lumière des villas rurales avoisinantes, des briques à rebords et des artefacts franks, attestant d’une occupation continue jusqu’à l’époque mérovingienne et carolingienne.

À partir du IIIe siècle, Rubricaire décline avec la chute de l’Empire romain, mais le site est réinvesti sous le nom de villa Rupiacus (Rochard) par les évêques du Mans dès le VIe siècle. Ces derniers y fondent une paroisse et une abbaye à Évron, transformant l’ancienne station en domaine épiscopal. Les Francs y établissent des fermes et des habitats, réutilisant les structures romaines. Au Xe siècle, la paroisse de Sainte-Gemmes-le-Robert est officiellement créée, marquant la transition définitive entre Rubricaire (époque romaine), Rochard (époque franque) et le village actuel.

La voie romaine, encore visible par segments au début du XXe siècle, reliait Rubricaire à Jublains et au Mans. Large de 8 à 9 pieds, elle était pavée de blocs de granit et de grès, avec des traces de réparation franque déviant son tracé original. Les fouilles ont aussi révélé des artefacts des Ve–VIe siècles, comme des briques franques et des meules, confirmant la continuité d’occupation. L’abbé Angot a joué un rôle clé dans l’identification du site avec Robrica, mentionnée sur la Table de Peutinger (IIe siècle), en corrigeant une erreur de transcription médiévale.

Les thermes de Rubricaire, situés hors de l’enceinte, formaient un ensemble rectangulaire de 12,50 m sur 6,50 m, avec une abside et des hypocaustes pour les bains chauds. Alimentés par des sources voisines (le Châtelier), ils illustraient le savoir-faire romain en ingénierie hydraulique. Leur état de conservation exceptionnel a permis de reconstituer leur fonctionnement. Le site, propriété du département de la Mayenne, reste un témoignage rare de l’architecture militaire et civile gallo-romaine en Pays de la Loire.

Les textes médiévaux, comme les Actes des Évêques du Mans (IXe siècle), confirment la possession épiscopale de Rupiacus, où l’évêque Gontier se réfugie en 892 après un saccage par Roger du Maine. Charlemagne et Louis le Pieux y interviennent aussi pour restituer le domaine à l’Église. Ces sources soulignent l’importance stratégique du site, passé d’un poste romain à un centre seigneurial franc, avant de devenir le cœur de la paroisse actuelle.

Liens externes