Frise chronologique
1889
Lancement du projet
Lancement du projet
1889 (≈ 1889)
Demande du maire après la mort de Faidherbe
1896
Inauguration de la statue
Inauguration de la statue
1896 (≈ 1896)
Place Richebé, sculptée par Mercié
1975
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1975 (≈ 1975)
Inscription à l'inventaire national
2018
Début des contestations
Début des contestations
2018 (≈ 2018)
Collectifs réclament son retrait
2020
Vandalisme du monument
Vandalisme du monument
2020 (≈ 2020)
Inscriptions anti-colonialistes apposées
2023
Pose d'une plaque contextualisante
Pose d'une plaque contextualisante
2023 (≈ 2023)
Mairie condamne son action coloniale
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Statue de Faidherbe, y compris son socle : inscription par arrêté du 29 octobre 1975
Personnages clés
| Louis Faidherbe - Général et homme politique |
Sujet de la statue, né à Lille |
| Antonin Mercié - Sculpteur de la statue |
Auteur de l'œuvre en bronze |
| Paul Pujol - Architecte du piédestal |
Concepteur du socle du monument |
| Thièbaut frères - Fondeurs de la statue |
Responsables de la fonte en bronze |
Origine et histoire
Le monument au général Faidherbe est une statue équestre en bronze conçue par le sculpteur Antonin Mercié et fondue par les frères Thièbaut. Inaugurée le 25 octobre 1896 sur la place Richebé à Lille, elle rend hommage à Louis Faidherbe, général né dans cette ville en 1818. Le piédestal, dessiné par l’architecte Paul Pujol, évoque sa victoire à la bataille de Bapaume en 1871 pendant la guerre franco-allemande. Le projet, lancé en 1889 après sa mort, fut financé par une souscription publique rapportant 186 372,55 francs.
Initialement prévue place de la République, la statue fut finalement installée sur la place Richebé, jugée plus adaptée à sa taille. Faidherbe, figure locale majeure, fut commandant de l’armée du Nord pendant la guerre franco-prussienne, puis député et sénateur du Nord sous la Troisième République. Le monument, inscrit aux monuments historiques en 1975, devient cependant un symbole controversé au XXIe siècle en raison du passé colonial et des théories racistes du général.
Dès 2018, des collectifs réclament le retrait des hommages publics à Faidherbe, dont cette statue, vandalisée en juin 2020 avec des inscriptions comme « colon » ou « assassin ». Les manifestations exigent sa relocation en musée ou, à défaut, l’ajout d’une plaque contextualisante. En décembre 2023, la mairie de Lille installe une plaque désavouant explicitement ses actions coloniales au Sénégal et en Algérie, tout en maintenant le monument sur place.
La statue incarne aujourd’hui les tensions mémorielles entre patrimoine local et héritage colonial. Son sort illustre les débats contemporains sur la place des figures historiques controversées dans l’espace public, entre préservation du patrimoine et reconnaissance des crimes passés. Le choix de Lille reflète une volonté de pédagogie plutôt que d’effacement, solution intermédiaire adoptée par plusieurs villes françaises.