Crédit photo : Dennis G. Jarvis Autres noms pseudonyme : archer10 - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
1870
Commande de la statue
Commande de la statue
1870 (≈ 1870)
Après la défaite franco-allemande, symbole de reconquête.
20 février 1874
Installation de la statue
Installation de la statue
20 février 1874 (≈ 1874)
Place des Pyramides, Paris 1er.
1889
Version réduite pour Nancy
Version réduite pour Nancy
1889 (≈ 1889)
Cheval modifié, financé par Osiris.
1899
Remplacement du cheval à Paris
Remplacement du cheval à Paris
1899 (≈ 1899)
Polémique après modification du modèle.
31 mars 1992
Classement monument historique
Classement monument historique
31 mars 1992 (≈ 1992)
Protection officielle de l'État.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Statue équestre proprement dite, éxécutée par Emmanuel Frémiet ; piédestal dessiné par l'architecte Abadie ; grille de clôture conçue par Davioud (cad. non cadastré, domaine public) : classement par arrêté du 31 mars 1992
Personnages clés
| Emmanuel Frémiet - Sculpteur |
Auteur de la statue équestre. |
| Aimée Girod - Modèle de Jeanne d'Arc |
Paysanne lorraine de Domrémy. |
| Paul Abadie - Architecte |
Concepteur du piédestal. |
| Gabriel Davioud - Architecte-paysagiste |
Créateur de la grille protectrice. |
| Paul Mantz - Critique d'art |
Défendit la statue en 1889. |
Origine et histoire
Le Monument à Jeanne d'Arc est une statue équestre en bronze doré commandée par le gouvernement français après la défaite de 1870, dans un contexte de « statuomanie » parisienne. Inaugurée en 1874 sur la place des Pyramides, elle symbolise la « reconquête » nationale. Jeanne y est représentée en armure, tête nue, brandissant son étendard sur un cheval caparaçonné, près du lieu où elle fut blessée lors de sa tentative de prise de Paris.
La statue fut exécutée par Emmanuel Frémiet, qui prit pour modèle Aimée Girod, une paysanne lorraine de Domrémy. Le piédestal fut dessiné par l'architecte Paul Abadie, et la grille protectrice conçue par Gabriel Davioud. Fondue par Thiébaut Frères, l'œuvre suscita des critiques initiales sur les proportions du cheval, jugées trop massives par rapport à la frêle silhouette de Jeanne. Pourtant, elle devint rapidement une référence artistique, comme le souligna le critique Paul Mantz en 1889.
En 1899, Frémiet remplaça le cheval original par une version réduite, inspirée de celle réalisée pour Nancy en 1889, provoquant une polémique. Classée monument historique en 1992, la statue devint un lieu de rassemblement politique, notamment pour l'extrême droite dès la fin du XIXe siècle. Elle inspire aussi la culture, comme dans le film Nocturama (2016) ou l'opéra La traviata (2019).
Des répliques de cette statue équestre existent dans plusieurs villes françaises (Lille, Compiègne, Saint-Étienne) et internationales (La Nouvelle-Orléans, Philadelphie, Melbourne), témoignant de son rayonnement. La symbolique de Jeanne d'Arc, héroïne nationale, y est associée à des valeurs de résistance et de patriotisme, réactivées après chaque crise historique.
Devenir actuel
Le 1er mai, la manifestation annuelle du Front national en l'honneur de Jeanne d'Arc prend la statue de la place des Pyramides comme lieu de rendez-vous.
Cette tradition est un héritage des ligues d'extrême droite du début du xxe siècle : l'une d'elles, la Ligue de la Rose-Blanche d'Achille Joinard, déposa ainsi en 1907 et 1908 des gerbes de roses blanches et de lys devant la statue.