Origine et histoire
La statue de Madame de Sévigné, située à Grignan, a été érigée en 1857 à l’initiative de François-Auguste Ducros, alors maire de la ville. Ce projet fut financé par une souscription nationale et réalisé par le sculpteur Louis Rochet. L’œuvre se compose d’un bassin rectangulaire en pierre, surmonté d’une statue en bronze représentant la marquise assise, tenant une plume et une lettre, symboles de son art épistolaire. Quatre masques de lions en bronze, disposés sur les côtés du socle, permettent à l’eau de s’écouler dans le bassin.
Le piédestal porte des écussons armoriés des familles Bussy et Sévigné, ainsi que deux plaques de marbre. L’une indique son nom complet, Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, tandis que l’autre commémore son inauguration le 4 octobre 1857, grâce à une souscription nationale. L’ensemble, incluant la fontaine, a été classé Monument Historique par arrêté du 25 mars 2016, soulignant son importance patrimoniale.
La localisation exacte de la statue est la place Sévigné à Grignan, dans le département de la Drôme. Bien que la précision géographique soit jugée médiocre (note de 5/10), son emplacement central en fait un point de repère dans la commune. La propriété appartient à la municipalité, et l’œuvre reste un hommage durable à l’une des plus grandes épistolières françaises du XVIIe siècle, célébrée ici au XIXe siècle.
Le choix d’une fontaine comme support sculptural reflète une tradition du XIXe siècle, où les monuments commémoratifs intégraient souvent des éléments utilitaires (ici, l’adduction d’eau) pour servir à la fois de mémoire et de service public. Les matériaux utilisés – bronze pour la statue, pierre pour le socle – étaient typiques des réalisations monumentales de l’époque, alliant durabilité et prestige.
Louis Rochet, maître d’œuvre du projet, était un sculpteur reconnu pour ses œuvres publiques. Son travail sur ce monument illustre l’importance accordée à la représentation des figures littéraires dans l’espace urbain au XIXe siècle, période où la célébration des grands hommes (et femmes) se démocratisait via des initiatives locales ou nationales, comme cette souscription.
Enfin, l’inscription au titre des Monuments Historiques en 2016 a permis de protéger l’intégralité de l’œuvre, y compris son socle et sa fontaine, reconnaissant ainsi sa valeur artistique et historique. Ce classement tardif souligne une prise de conscience patrimoniale contemporaine, bien que le monument ait toujours occupé une place symbolique dans la vie locale depuis son érection.