Frise chronologique
1862
Financement étatique
Financement étatique
1862 (≈ 1862)
Arrêté du 2 juillet allouant des crédits publics.
27 août 1865
Installation de la statue
Installation de la statue
27 août 1865 (≈ 1865)
Inauguration sur le mont Auxois après exposition.
1871
Symbole de revanche
Symbole de revanche
1871 (≈ 1871)
Réappropriation après la défaite face à l’Allemagne.
17 janvier 2014
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
17 janvier 2014 (≈ 2014)
Protection officielle de l’ensemble statue-socle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le monument (statue et socle) (cad. B 443) : classement par arrêté du 17 janvier 2014
Personnages clés
| Aimé Millet - Sculpteur |
Auteur de la statue en cuivre. |
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte |
Concepteur du socle en granit. |
| Napoléon III - Commanditaire et mécène |
Inspira les traits de Vercingétorix. |
| Jules César - Source historique |
Auteur de *De Bello Gallico*, citation adaptée. |
Origine et histoire
Le Monument à Vercingétorix est une statue en cuivre de 6,60 mètres, réalisée par le sculpteur Aimé Millet en 1865. Elle surplombe le village d’Alise-Sainte-Reine (Côte-d’Or), sur le mont Auxois, site supposé de la bataille d’Alésia où Vercingétorix fut vaincu par Jules César. La statue, creuse et composée de tôles de cuivre rivetées sur une armature métallique (technique similaire à la Statue de la Liberté), fut exposée au Salon de 1865 avant son installation le 27 août 1865. Son style romantique, mêlant anachronismes (collier de perles, épée de l’âge du bronze) et traits inspirés de Napoléon III, reflète l’imaginaire gaulois du XIXe siècle.
Le socle de 7 mètres, dessiné par Eugène Viollet-le-Duc, est en granit de Saulieu et pierre de Pouillenay. Il porte deux inscriptions : une citation adaptée de De Bello Gallico (« La Gaule unie [...] peut défier l’univers »), et une dédicace à Napoléon III. Financé par l’État (et non par la cassette impériale, contrairement à une rumeur), le monument fut critiqué pour son esthétique (Théophile Thoré le qualifia de « long tuyau de cuivre »), mais devint après 1871 un symbole de résistance nationale face à l’Allemagne, en écho au Hermannsdenkmal (statue d’Arminius érigée en Allemagne).
Classé Monument Historique en 2014, l’ensemble illustre les ambitions politiques de Napoléon III : légitimer son règne par un lien avec l’histoire gauloise, tout en modernisant la mémoire nationale. Les fouilles archéologiques qu’il commandita à Alésia (pour confirmer le site) et le choix de représenter Vercingétorix avec ses propres traits soulignent cette instrumentalisation. Malgré ses anachronismes, la statue incarne aujourd’hui un patrimoine identitaire, mêlant histoire, art et mythologie nationale.
La technique de construction (cuivre repoussé sur charpente métallique) et le contexte de sa création — entre nationalisme naissant, admiration pour Rome (Napoléon III était un admirateur de Jules César) et rivalité franco-allemande — en font un témoignage clé de l’art monumental du Second Empire. Le monument, propriété de la commune, reste un lieu de mémoire majeur pour la Bourgogne-Franche-Comté.